Donald Trump doit atterrir samedi matin à Dublin pour une visite de deux jours en Irlande, avec au programme une rencontre avec la présidente Catherine Connolly qui, jusqu'à récemment, n'était même pas certaine d'avoir lieu. Entre golf, protocole et manifestations annoncées, ce déplacement s'annonce sous haute tension.
Une rencontre longtemps incertaine
Le président américain doit arriver à Dublin tôt samedi, avant de rejoindre en hélicoptère Marine One le Phoenix Park pour ses entretiens avec la présidente Connolly et le Taoiseach Micheál Martin. Si la rencontre avec le chef du gouvernement irlandais ne faisait aucun doute, celle avec la cheffe de l'État l'était beaucoup moins. Un premier projet d'itinéraire, établi début août, ne prévoyait aucun passage par Áras an Uachtaráin, la résidence présidentielle. L'entourage de Catherine Connolly s'était contenté de dire qu'elle « examinerait toute demande » si elle venait à lui parvenir.
Pendant la campagne présidentielle de l'an dernier, Catherine Connolly avait pourtant assuré qu'elle rencontrerait Donald Trump si l'occasion se présentait, tout en se montrant critique envers son administration. Dans son message de la Saint-Patrick, elle avait notamment averti que « la normalisation de la guerre ne pourra jamais être acceptée ». De son côté, le président américain l'avait, par erreur, désignée au masculin lors d'une rencontre avec Micheál Martin dans le Bureau ovale.
Un entretien décrit comme une simple visite de courtoisie
Selon des sources proches du dossier, la rencontre entre les deux dirigeants doit rester brève, loin de la solennité qui avait entouré les visites de Barack Obama et Joe Biden auprès de l'ancien président Michael D. Higgins. Micheál Martin, lui, a balayé toute inquiétude : « Je n'ai aucune préoccupation concernant la rencontre entre la présidente Connolly et M. Trump », a-t-il déclaré, précisant que l'absence de confirmation plus précoce tenait uniquement à l'agenda de la présidente.
Le programme du week-end mêle diplomatie et loisirs. Donald Trump doit passer la nuit de samedi dans son complexe golfique de Doonbeg, dans le comté de Clare, à l'occasion de l'Irish Open. Ses fils Eric et Donald Jr, qui ne voyageront pas avec lui, doivent également assister à l'événement. Un accueil est par ailleurs prévu à la résidence de l'ambassadeur américain en Irlande, Ed Walsh, un ami personnel du président et partenaire de golf régulier.
Des manifestations attendues à Dublin et dans le Clare
Ce déplacement ne fait pas l'unanimité sur place. Les députés du parti People Before Profit, Richard Boyd Barrett et Paul Murphy, ont appelé la population à manifester à Dublin contre la venue d'un dirigeant qu'ils qualifient de « belliciste impérialiste ». Interrogé sur ces protestations annoncées, Micheál Martin a botté en touche avec prudence : « Nous sommes en démocratie, les gens ont le droit de manifester », tout en appelant au respect entre participants.
L'ancien ambassadeur d'Irlande aux États-Unis, Dan Mulhall, se veut rassurant sur l'issue de la rencontre. Il juge Donald Trump « plutôt affable en tête-à-tête » et estime que la présidente Connolly comprendra vite qu'il n'y a rien à gagner à s'opposer frontalement à lui. Pour Dan Mulhall, le meilleur scénario reste que la visite « se déroule sans accroc majeur », dans un contexte où, selon lui, les deux camps ont intérêt à afficher une rencontre réussie. Donald Trump doit quitter l'Irlande dimanche soir ou tôt lundi matin.







