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Lavrov accuse Macron de vouloir dissuader les Africains du sommet de Moscou

À six semaines du troisième sommet Russie-Afrique, le chef de la diplomatie russe affirme disposer d'éléments montrant que le président français chercherait à décourager la participation de dirigeants africains. Une accusation qui n'a pas été étayée publiquement.

JGJunior Gnapié25 septembre 2026⏱ 2 min de lectureLu 4 foisPolitique
Le Kremlin de Moscou vu depuis la rivière Moskova
📷 Illustration : Le Kremlin vu depuis la Moskova
Sergueï Lavrov n'y va pas par quatre chemins. Le ministre russe des Affaires étrangères accuse Emmanuel Macron de chercher, dans ses contacts avec des dirigeants africains, à les convaincre de ne pas se rendre au troisième sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre.

« « Nous soupçonnons, sur la base de certains faits, qu'il dissuadera nos amis africains de haut niveau d'assister au sommet Russie-Afrique. » »

La déclaration, rapportée par l'agence russe RIA Novosti, reste pour l'instant à l'état de soupçon. Aucun élément public n'est venu l'étayer, précise l'article qui la rapporte, et rien n'indique à ce stade que la présidence française ait été sollicitée pour y répondre. À ce titre, cette information doit être lue comme ce qu'elle est : une accusation d'un responsable russe, non un fait établi.

Une bataille d'invitations

Sur le terrain diplomatique, la Russie multiplie les gestes en direction du continent. Le 11 septembre, son représentant au Nigeria a remis à Biram Diop, président de la Commission de la CEDEAO, une invitation officielle de Vladimir Poutine — une démarche que l'organisation régionale a rendue publique le 14 septembre. Quelques jours plus tôt, début septembre, Poutine avait adressé une invitation similaire au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait accueilli le tout premier sommet Russie-Afrique, à Sotchi.
Lavrov affirme que Moscou n'emploie aucune méthode comparable à celle qu'il prête à Paris pour s'assurer la présence de ses partenaires. Selon lui, la Russie considère les pays africains comme des États indépendants, capables de déterminer eux-mêmes leur politique extérieure. Il assure par ailleurs que plusieurs pays africains proposent régulièrement à Moscou des canaux de communication confidentiels avec des capitales européennes — des échanges qui, dit-il, n'ont rien apporté de neuf par rapport aux positions déjà exprimées publiquement par ces pays.

Deux diplomaties qui se croisent sur le continent

La séquence intervient après plusieurs rencontres entre le président français et des dirigeants africains : Emmanuel Macron a reçu le 9 septembre à l'Élysée son homologue congolais Denis Sassou N'Guesso, quelques jours après avoir accueilli à Paris plusieurs responsables africains venus pour le premier sommet international consacré à l'espace. La France avait par ailleurs organisé en mai, à Nairobi, le sommet Africa Forward, présenté par l'Élysée comme une nouvelle étape du partenariat franco-africain.
Chacun cherche à s'assurer la présence du plus grand nombre de chefs d'État africains à ses propres rendez-vous. L'accusation portée par Lavrov, à ce stade, n'engage que lui : elle mériterait d'être confrontée à une réaction française, que ni RIA Novosti ni la presse qui la reprend n'ont pour l'instant obtenue.
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