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Nigeria : 37 mineurs meurent en détention, couvre-feu et colère à Minna

Trente-sept orpailleurs présumés sont morts dans une cellule de détention de l'agence paramilitaire nigériane NSCDC. Deux jours de manifestations, parfois violentes, ont conduit les autorités de l'État du Niger à décréter un couvre-feu et à suspendre le commandant local de l'agence.

APAnge Pascal25 septembre 2026⏱ 3 min de lectureLu 7 foisPolitique
Nigeria, 37 mineurs meurent en détention, couvre-feu et colère à Minna
📷 Illustration : Nigeria, 37 mineurs meurent en détention, couvre-feu et colère à Minna © Abidjan4all
Trente-sept personnes, arrêtées plus tôt dans la semaine lors de raids contre l'orpaillage illégal dans la zone de Wushishi-Lukoto, à l'ouest de Minna, sont mortes alors qu'elles étaient détenues par la Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC), une agence paramilitaire nigériane. L'annonce, faite jeudi 18 septembre par les autorités, a déclenché deux jours de manifestations dans cette ville minière de l'État du Niger, rapportent Al Jazeera et le site nigérian PM News.
Selon les deux médias, les forces de sécurité ont ouvert le feu et utilisé des gaz lacrymogènes le vendredi, deuxième jour de contestation, alors que des manifestants s'en prenaient à des bâtiments publics. Un témoin a rapporté à l'agence Reuters que des tirs à balles réelles avaient été utilisés et qu'un corps gisait au sol, sans que l'on sache avec certitude, au moment des faits, s'il s'agissait de munitions réelles ou de projectiles anti-émeute.

Un couvre-feu de 24 heures

Le gouverneur de l'État du Niger, Umaru Bago, a décrété un couvre-feu de 24 heures sur Minna dès la fin de la prière du vendredi, ordonnant la fermeture de tous les commerces de la capitale régionale. Selon PM News, qui a recueilli ses propos lors de la visite du ministre de l'Intérieur Olubunmi Tunji-Ojo, le gouverneur a justifié la mesure par les dégâts déjà constatés en ville.

« « Les bus de la compagnie de transport public ont été vandalisés, des commerces détruits. Des vandales prennent la rue, il faut mettre un terme à tout cela pour ramener le calme », a déclaré Umaru Bago. »

— Le gouverneur de l'État du Niger, Umaru Bago
Le commandant de la NSCDC pour l'État du Niger, Suberu Siyaka Aniviye, a été suspendu par le ministre de l'Intérieur dans l'attente des conclusions d'une enquête. La NSCDC elle-même, la police nigériane et les services de renseignement intérieur (DSS) ont chacun mis en place un comité chargé d'établir les causes des décès.

Des versions qui divergent sur les causes des décès

Sur l'origine des morts, les versions divergent nettement. La NSCDC a d'abord évoqué une possible épidémie, avant de reconnaître que la cause du décès restait à confirmer. L'agence France-Presse affirme, selon des propos rapportés par Al Jazeera, avoir eu connaissance d'un rapport de renseignement évoquant une mauvaise ventilation des cellules et une surpopulation carcérale. Des survivants ont, eux, évoqué une suffocation collective.

« « Nous étions entassés dans la cellule, sans aération pour respirer correctement. D'un coup, nous avons réalisé que nous ne pouvions plus respirer et nous nous sommes tous précipités pour trouver de l'air, nous avons même supplié plusieurs fois, frappé à la porte de la cellule, mais ils ont refusé de nous répondre », a raconté Dauda Shehu, un survivant, à des journalistes dans un hôpital du centre du Nigeria, selon Al Jazeera. »

Tous les corps ont été inhumés dès jeudi soir, ce qui, souligne Al Jazeera, fait planer un doute sur la possibilité de réaliser encore des autopsies. Une organisation de la société civile, la Renevlyn Development Initiative, a appelé le gouvernement fédéral à ouvrir une enquête approfondie et à en publier les résultats. Son directeur exécutif, Philip Jakpor, a relevé que les mineurs artisanaux arrêtés n'étaient, selon lui, pas les véritables bénéficiaires de l'exploitation illégale.

« « On ne peut pas s'en prendre aux mineurs artisanaux qui tentent de gagner leur vie quand les gros bonnets se promènent librement dans les rues », a-t-il déclaré, cité par PM News. »

L'État du Niger, riche en gisements aurifères et en uranium, est confronté depuis plusieurs années à une exploitation minière informelle que les autorités nigérianes accusent régulièrement d'alimenter des violences entre groupes armés rivaux.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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