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PolitiqueGuerre en Ukraine

Ukraine : une frappe russe sur un centre d'aide humanitaire à Komyshuvakha fait 24 morts, au lendemain de la fin de la trêve de Kherson

Le 2 novembre, des bombes russes ont détruit une école transformée en centre de distribution d'aide à Komyshuvakha, dans la région de Zaporijjia. Les secours ukrainiens comptent 24 morts. Moscou n'a pas réagi à ce stade, selon les médias consultés.

ACAnge Colombe3 novembre 2026⏱ 4 min de lectureLu 2 foisPolitique
Ukraine : une frappe russe sur un centre d'aide humanitaire à Komyshuvakha fait 24 morts
📷 Illustration : Ukraine : une frappe russe sur un centre d'aide humanitaire à Komyshuvakha fait 24 morts © Abidjan4all
Lundi 2 novembre, une attaque aérienne russe a frappé le village de Komyshuvakha, dans la région de Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine. Selon le service d'urgence ukrainien, 24 personnes ont été tuées. Le bâtiment visé était une école reconvertie en centre de distribution d'aide humanitaire, où les habitants restés au village venaient chaque semaine chercher des vivres.

Ce que disent les autorités ukrainiennes

D'après Al Jazeera, la frappe a détruit le bâtiment, réduit à un amas de décombres fumants sur les images diffusées par les secours. Cinq autres personnes ont été blessées. Parmi les morts figurent un policier et deux sauveteurs du service d'urgence, a indiqué sur Telegram le gouverneur régional Mykhaïlo Semikine. Il a ajouté que 27 personnes étaient encore considérées comme disparues. L'Irish Times, qui s'appuie sur l'agence AP, ne mentionne pas ces disparus : ce chiffre repose donc, à ce stade, sur une seule source parmi celles consultées.
Le président Volodymyr Zelensky a décrit une attaque en deux temps. Selon lui, une première frappe a été suivie d'une seconde, avec neuf bombes supplémentaires sur l'abri où les habitants s'étaient réfugiés. L'Irish Times rapporte qu'il évoque dix bombes guidées au total. Il a affirmé que la Russie ne pouvait ignorer que les résidents recevaient de l'aide à cet endroit chaque semaine, et que cette attaque montrait que Moscou « ne veut aucune forme de désescalade ».
Du côté russe, les médias consultés ne rapportent aucune déclaration sur cette frappe. Le ministère russe de la Défense a seulement annoncé avoir abattu 212 drones ukrainiens dans la nuit. La Russie nie de façon constante viser des civils.

Une frappe qui tombe après la fin d'une trêve locale

L'attaque est survenue alors que s'achevait une trêve limitée dans la région voisine de Kherson. Commencée le 27 octobre, cette pause avait permis des évacuations et un acheminement d'aide à Oleshky, ville occupée par les forces russes. L'agence AP la présente comme la trêve la plus significative depuis le début de l'invasion à grande échelle, il y a près de cinq ans. Dmytro Lubinets, médiateur ukrainien et principal négociateur civil, espérait qu'elle servirait de « modèle » à d'autres arrangements locaux.
Volodymyr Zelensky a lui-même fait le lien. Selon Al Jazeera, il a estimé qu'après l'opération humanitaire d'Oleshky, une chance existait de faire un pas vers la paix, mais que ces morts envoyaient « un signal tout à fait opposé » et que la Russie « compte sur davantage de morts ». L'état-major ukrainien affirme pour sa part que Moscou a profité de la pause pour renforcer sa défense antidrones et reconstituer ses munitions, une accusation que nous n'avons pas pu vérifier de manière indépendante.

Une journée de frappes sur plusieurs régions

Le même jour, selon Al Jazeera, des drones ont blessé douze personnes dans la région de Kharkiv, endommageant une installation frigorifique, des serres et des habitations. À Odessa, port de la mer Noire, cinq personnes ont été blessées lorsqu'un entrepôt a été visé et des maisons touchées. D'après l'Irish Times, au moins dix-sept personnes ont été blessées dans différentes attaques de drones, sans que l'on sache si ce chiffre recoupe les précédents. Des médias russes indépendants évoquent par ailleurs une attaque de drones ukrainiens contre un nœud de transport pétrolier à Samara, ce que les autorités locales n'ont pas détaillé : le gouverneur Viatcheslav Fedortchev a seulement indiqué que la défense aérienne avait repoussé une attaque.
À ces violences s'ajoute une guerre de l'information. Peu après la fin de la trêve, de fausses alertes, apparemment diffusées depuis des applications gouvernementales piratées, ont circulé en Ukraine et en Russie, dont une fausse alerte nucléaire côté ukrainien. Aucun des deux gouvernements n'a désigné de responsable. Une chaîne Telegram russe liée aux services de sécurité a avancé le nom d'un groupe, « Hitcore », ce qu'AP n'a pas pu confirmer.

Pourquoi cela compte pour les lecteurs africains

La guerre en Ukraine pèse depuis 2022 sur les prix des céréales, des engrais et de l'énergie, et donc sur les économies importatrices du continent. Chaque échec d'un arrangement local, comme celui de Kherson, éloigne la perspective d'une désescalade qui apaiserait ces marchés. Pour l'heure, aucun calendrier de négociation n'est confirmé dans les sources que nous avons consultées.

Ce qui reste à établir

Le bilan définitif, le sort des personnes portées disparues et la réaction officielle de Moscou restent à documenter. Les chiffres cités émanent des autorités ukrainiennes et de leurs relais, et seule une vérification indépendante sur place permettra de les confirmer. Nous actualiserons cet article si des éléments nouveaux sont publiés.
ACAnge Colombe — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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