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PolitiqueMonde — Russie / Ukraine

Un bus visé par un drone russe, cinq morts dans l'Est ukrainien

Un minibus assurant une liaison régulière a été frappé mercredi près de Nikopol, dans la région de Dnipropetrovsk, tuant cinq civils et en blessant au moins sept autres. L'attaque s'inscrit dans une nouvelle vague de frappes russes qui a également visé Kyiv, la région de Poltava et le port de Tchornomorsk.

JGJunior Gnapié17 septembre 20263 min de lectureLu 9 foisPolitique
Drapeau de l'Ukraine, image d'illustration
📷 Illustration : Le drapeau ukrainien
Le bilan est tombé en fin de matinée, mercredi 16 septembre : cinq morts et au moins sept blessés après qu'un drone russe a frappé un minibus de ligne près de Nikopol, dans la région de Dnipropetrovsk, dans le sud-est de l'Ukraine. Le gouverneur régional Oleksandr Hanzha a confirmé l'attaque sur Telegram, tandis que le président du conseil régional, Mykola Lukashuk, a dénoncé une frappe délibérée contre des civils : « les Russes ont cyniquement frappé un bus de passagers. Ils ont visé un minibus qui transportait des gens vaquant à leurs occupations quotidiennes. » Des photographies diffusées par les autorités locales montrent un véhicule aux vitres soufflées, maculé de sang.
Cette attaque n'était pas isolée. La même journée, une explosion a été entendue à Kyiv au petit matin, provoquant un incendie dans un entrepôt touché par des débris de frappe russe. Dans la région de Poltava, des infrastructures énergétiques et un site industriel non identifié ont été visés dans la nuit. Plus au sud, sur la mer Noire, le ministère russe de la Défense a de son côté revendiqué avoir touché un navire cargo au large du port de Tchornomorsk. Côté russe, aucun commentaire officiel n'a pour l'instant été communiqué sur la frappe du bus.
Cette séquence s'inscrit dans une tendance de fond documentée par les Nations unies, qui ont recensé une hausse de 37 % des victimes civiles en Ukraine au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025, avec 1 396 civils tués et 7 978 blessés. Kyiv comme Moscou continuent, chacun de leur côté, de nier viser délibérément des populations civiles, alors même que les infrastructures de transport et d'énergie sont frappées avec une régularité qui laisse peu de place au hasard.
La frappe de Nikopol intervient dans un climat diplomatique par ailleurs particulièrement confus. Quelques jours plus tôt, le président américain Donald Trump avait évoqué sur son réseau Truth Social une possible « trêve énergétique » entre Kyiv et Moscou, une annonce accueillie avec une prudence non dissimulée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait conditionné tout arrêt des frappes ukrainiennes à une garantie réelle de réciprocité russe. L'attaque de ce mercredi, tout comme les frappes ukrainiennes déjà enregistrées sur des installations pétrolières russes ces derniers jours, montre à quel point la guerre continue de se dérouler sur le terrain, quels que soient les signaux envoyés sur les réseaux sociaux.
Sur le plan humanitaire, l'organisation des Nations unies avait déjà averti, il y a quelques jours, que l'Ukraine s'apprêtait à vivre l'hiver le plus dur depuis le début de l'invasion, en raison du ciblage systématique des infrastructures énergétiques par les forces russes. La frappe de Nikopol, qui ne vise cette fois ni une centrale ni un poste électrique mais un simple bus de ligne, rappelle que le risque pour les civils ukrainiens ne se limite pas aux mois d'hiver ni aux infrastructures stratégiques.
Pour les habitants de la région de Dnipropetrovsk, en tout cas, la réalité du conflit ne laisse guère de place à l'interprétation : un trajet en bus, un mercredi comme un autre, s'est terminé dans les vitres brisées et le sang sur la carrosserie.
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