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ÉconomieMonde / Chine

Chine : la consommation s'essouffle, la pression s'accentue sur Pékin à dix jours du sommet avec Trump

Les chiffres d'août publiés cette semaine confirment un ralentissement inquiétant de la deuxième économie mondiale : ventes au détail en berne, investissement en repli marqué, production industrielle qui tient seule la baraque. Pékin promet la stabilité, à dix jours d'un sommet à Washington où Xi Jinping doit se rendre avec une délégation d'entreprises inhabituellement large.

JGJunior Gnapié17 septembre 20263 min de lectureLu 3 foisÉconomie
Le bâtiment de la Bourse de Shanghai, en Chine
📷 Illustration : Le bâtiment de la Bourse de Shanghai, symbole de l'économie chinoise.
Les statistiques publiées cette semaine par le Bureau national des statistiques chinois dessinent une économie à deux vitesses, et la vitesse qui compte pour des centaines de millions de consommateurs est la plus lente des deux. En août, les ventes au détail n'ont progressé que de 0,4 % sur un an, un chiffre nettement inférieur aux 0,8 % attendus par les économistes, et qui prolonge une tendance déjà mal engagée : + 0,6 % en juillet, + 1 % en juin, après une contraction de 0,6 % en mai. La consommation intérieure, censée prendre le relais des exportations dans la stratégie de rééquilibrage voulue par Pékin depuis des années, ne décolle tout simplement pas.

L'investissement recule, l'industrie tient bon

Plus préoccupant encore aux yeux des économistes, l'investissement en capital fixe s'est contracté de 7,2 % sur les huit premiers mois de l'année, un repli qui correspond, lui, aux prévisions, mais qui traduit une frilosité persistante des entreprises et des collectivités locales à engager de nouveaux projets. Seule la production industrielle échappe à la morosité ambiante, avec une progression de 5,2 % en août, en accélération par rapport aux 4,5 % de juillet. Un paradoxe apparent que l'économiste Zhiwei Zhang résume en une phrase :

« La consommation et l'investissement restent faibles pendant que la production industrielle garde son élan. Le soutien budgétaire prend du temps à se traduire dans les faits. »

Zhiwei Zhang, économiste
Le Bureau national des statistiques, de son côté, a choisi un registre plus mesuré, évoquant une économie qui "a fonctionné de manière stable" tout en reconnaissant que "les facteurs externes défavorables s'intensifient" et que "le déséquilibre entre une offre forte et une demande faible reste prononcé". Une manière, pour l'administration chinoise, de reconnaître la difficulté sans remettre en cause l'objectif de croissance annuelle fixé entre 4,5 % et 5 %, le plus bas depuis des décennies.
Face à ce ralentissement, Pékin a choisi la voie monétaire plutôt que budgétaire dans l'urgence : une injection de capital de 360 milliards de yuans, environ 46,1 milliards d'euros, a été réalisée dans les banques d'État, dont près de 290 milliards de yuans spécifiquement destinés à préserver leur capacité de prêt. L'objectif est de maintenir le crédit disponible pour les entreprises, en attendant que les mesures de soutien à la consommation, annoncées à plusieurs reprises depuis le début de l'année, produisent leurs effets.

Un sommet à Washington sous surveillance économique

Ce ralentissement s'invite dans l'agenda diplomatique. Xi Jinping doit se rendre à Washington le 24 septembre pour rencontrer Donald Trump, une visite préparée depuis plusieurs semaines et qui doit s'accompagner, fait rare depuis 2015, d'une délégation d'entreprises chinoises de taille inhabituelle. Le choix de mettre en avant les milieux d'affaires, plutôt que la seule diplomatie d'État, n'est pas neutre : il traduit la volonté de Pékin de rassurer les investisseurs étrangers au moment même où l'économie intérieure donne des signes de fatigue, et où les tensions commerciales avec Washington, en particulier sur les exportations technologiques et les droits de douane, restent loin d'être totalement apaisées.
Pour l'exécutif chinois, l'équation est délicate. Il s'agit de présenter, à quelques jours d'intervalle, l'image d'une économie maîtrisée et celle d'un pays ouvert aux affaires, tout en gérant en interne un ralentissement de la demande que ni les injections bancaires ni les discours officiels n'ont, pour l'instant, suffi à inverser.
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