Le procureur de la République près le tribunal de première instance d'Abidjan a haussé le ton, mercredi 16 septembre, contre l'avocate Habiba Touré. Devant la presse, Braman Oumar Koné a confirmé avoir engagé des poursuites et délivré un mandat d'arrêt contre la porte-parole du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire, pour son implication présumée dans les événements d'octobre 2025.
« J'ai engagé des poursuites et même délivré un mandat d'arrêt contre Habiba Touré pour son implication présumée dans les événements d'octobre 2025 », a-t-il déclaré, cité par Koaci. Il a ajouté, en réponse aux interrogations sur un éventuel retour de l'avocate sur le territoire ivoirien :
« « Vous croyez que, le jour où elle arrivera, je vais la laisser ? » »
— Braman Oumar Koné, procureur de la République
Selon Afriksoir, le procureur s'est montré plus direct encore quelques instants plus tard : « Si elle peut, qu'elle rentre, elle va voir. Je vais la mettre aux arrêts, je l'attends ici. »
Une porte-parole en première ligne depuis un an
Habiba Touré occupe une position centrale au sein du PPA-CI depuis la présidentielle d'octobre 2025. Avocate de profession, elle en est la porte-parole, ainsi que celle du Front commun constitué avec le PDCI-RDA. En octobre 2025, elle avait publiquement défendu la tenue d'une marche de ce Front commun à Abidjan, dans un climat de tensions et de restrictions sur les manifestations. Plusieurs responsables du parti, elle comprise, avaient alors été convoqués par la police dans les jours suivants.
Le dossier qui la vise aujourd'hui n'est pas isolé. Le même jour, Braman Koné est revenu sur le cas de Justin Koné Katinan, autre cadre du PPA-CI placé sous mandat de dépôt le 11 septembre. La défense de ce dernier avait dénoncé une « séquestration » lors de son interpellation, une accusation que le procureur a rejetée avec fermeté : « M. Justin Katinan Koné a été régulièrement convoqué. Sa convocation a même été publiée sur les réseaux sociaux. D'où vient-il que l'on dise qu'il a été séquestré ? »
La question, non tranchée, d'une extradition
Habiba Touré réside en France, rappelle Jeune Afrique dans une analyse publiée le 22 septembre. Le média pose une question que les autorités ivoiriennes n'ont pas éclaircie publiquement : à quel moment la Côte d'Ivoire a-t-elle saisi Paris, et une extradition est-elle envisagée ? Le procureur, lui, n'a précisé devant la presse ni les faits exacts reprochés à l'avocate ni la procédure engagée pour la faire revenir.
L'annonce intervient alors que Laurent Gbagbo a redessiné, le 10 août, l'organigramme de son parti, après avoir révoqué en mai l'ensemble de ses instances. Une nouvelle direction, resserrée autour de lui, où Habiba Touré continue de porter la parole du PPA-CI — depuis l'étranger désormais, et sous la menace d'une arrestation à son retour.







