Le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping s'était achevé vendredi sur une note plutôt protocolaire : dîner de gala, poignées de main soignées, peu d'annonces concrètes. Le lendemain, samedi, la donne a changé. Le ministère chinois des Affaires étrangères a fait savoir que les deux pays s'étaient mis d'accord sur un dispositif réciproque de baisse des droits de douane portant sur 30 milliards de dollars de marchandises, dans le cadre d'un consensus en huit points scellé pendant la visite d'État de trois jours du président chinois à Washington.
Concrètement, les deux économies vont réduire leurs tarifs sur des produits jugés « non critiques », notamment agricoles et énergétiques. Cette annonce s'ajoute à la prolongation, actée plus tôt dans la semaine par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, de la trêve commerciale bilatérale jusqu'au 10 janvier, contre le 10 novembre initialement prévu. De quoi donner davantage de temps aux négociateurs des deux camps pour avancer vers un accord plus large.
L'intelligence artificielle, nouveau terrain d'entente
Sur l'intelligence artificielle, justement, Washington et Pékin ont convenu d'ouvrir un dialogue sur les risques et les bénéfices de la technologie, avec un premier round de discussions prévu en novembre, ainsi qu'un canal de communication dédié aux incidents liés à l'IA. Les deux pays ont également prévu de signer un mémorandum destiné à renforcer les communications militaires en cas de crise, histoire d'éviter tout affrontement accidentel entre leurs forces armées.
Sur d'autres dossiers diplomatiques, Pékin et Washington disent partager la même position sur l'Iran, appelé à respecter son engagement de ne pas développer l'arme nucléaire, ainsi que sur la liberté de navigation dans les voies maritimes internationales. Les deux présidents ont par ailleurs convenu de se soutenir mutuellement pour l'organisation du sommet de l'APEC et du G20, chacun prévoyant d'assister à la réunion organisée par l'autre. Xi Jinping, lui, est déjà reparti pour Pékin samedi, selon l'agence Xinhua.
En Ukraine, la guerre continue son cours
Ce climat de détente sino-américaine tranche avec la situation en Ukraine, où les combats n'ont montré aucun signe d'accalmie ce week-end. Dans la région de Zaporijjia, deux femmes sont mortes et sept personnes ont été blessées samedi matin dans des frappes russes, selon le gouverneur régional Ivan Fedorov, qui évoque 86 signalements de dégâts touchant des infrastructures, des immeubles résidentiels et des véhicules. À Soumy, deux hommes ont péri dans une autre frappe, portant à une vingtaine le nombre de blessés recensés dans la nuit. À Kiev, une attaque de drone contre un immeuble résidentiel a fait cinq blessés, au lendemain de frappes qui avaient déjà tué sept personnes dans la capitale.
Le ministère russe de la Défense revendique de son côté des frappes contre un centre de données à Kiev et des infrastructures dans la région d'Odessa. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiha, a dénoncé une double frappe russe contre un site logistique desservant la chaîne de restauration rapide McDonald's. L'Ukraine affirme, à l'inverse, avoir touché une raffinerie de pétrole dans la région russe de Krasnodar. Côté russe, les autorités locales font état de plusieurs morts causées par des attaques ukrainiennes, dans la région frontalière de Belgorod comme dans la partie occupée de Zaporijjia.
Interrogé samedi par des journalistes à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a assuré que la Russie ne se préparait à « aucune forme d'hostilités » avec l'Europe, balayant les mises en garde répétées de responsables européens sur la multiplication des incidents hybrides près des frontières orientales de l'Otan. Il avait déjà laissé entendre, vendredi, qu'il ne reprendrait pas de sitôt les pourparlers de paix, après les attaques de drones ukrainiens qui avaient visé la Russie le jour même des élections législatives, le 20 septembre. Les espoirs d'une trêve même partielle sur le volet énergétique, évoqués plus tôt dans la semaine par Volodymyr Zelensky, devront donc attendre.







