Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
PolitiqueDiplomatie

Washington lève ses sanctions contre l'Érythrée, au nom de la sécurité en mer Rouge

Les États-Unis ont renoncé à reconduire les sanctions imposées en 2021 à Asmara. Une décision présentée comme technique, mais qui reflète la compétition croissante avec la Chine et la Russie pour l'influence sur les rives de la mer Rouge.

JGJunior Gnapié28 septembre 2026⏱ 2 min de lectureLu 5 foisPolitique
Vue de la mer Rouge, route commerciale stratégique bordée par l'Érythrée
📷 Illustration : La mer Rouge, route commerciale stratégique que borde l'Érythrée sur plus de 1 000 kilomètres de côtes.
Washington a annoncé vendredi 18 septembre ne pas avoir renouvelé les sanctions prises en 2021 contre le parti au pouvoir à Asmara et contre l'armée érythréenne, alors accusée d'exactions dans le conflit qui déchirait la région éthiopienne du Tigré, rapporte AllAfrica. Un an après avoir renoué le dialogue avec l'Érythrée avec l'aide de l'Égypte, les États-Unis ont décidé de lever ces sanctions vieilles de cinq ans afin de « promouvoir les intérêts régionaux des États-Unis », a indiqué le département d'État américain. « Il est temps d'adapter notre politique étrangère aux réalités actuelles », a déclaré l'un de ses porte-parole, cité par AllAfrica.

Le détroit de Bab-el-Mandeb, enjeu stratégique

Ce changement dans la politique américaine serait motivé, selon plusieurs observateurs cités par AllAfrica, par des questions de sécurité autour de la mer Rouge, qui relie la Méditerranée à l'océan Indien via le détroit de Bab-el-Mandeb. Cette route commerciale, par laquelle transitent 10 % à 12 % du commerce mondial, se trouve sous la menace d'attaques des rebelles houthis du Yémen. L'Érythrée, qui borde cette même mer Rouge sur plus de 1 000 kilomètres de côtes, y occupe une position géographique jugée stratégique.
Aux yeux de Washington, le pays présente un autre atout : sa position dans la Corne de l'Afrique, région où la compétition entre grandes puissances s'intensifie. La Chine a massivement investi dans des infrastructures dans la région, notamment à Djibouti, tandis que la Russie cherche à obtenir un port un peu plus au nord, sur la côte soudanaise, précise AllAfrica. « Washington cherche désormais à renforcer ses relations avec les États bordant la mer Rouge », dont l'Érythrée, estime Cameron Hudson, chercheur au Centre for Strategic and International Studies (CSIS), cité par le même média.

Une décision qui n'efface pas les tensions régionales

L'analyse publiée par Jeune Afrique, qui n'a pu être consultée dans son intégralité en raison d'un accès réservé aux abonnés, confirme l'essentiel de ces faits : la levée concerne l'état d'urgence nationale décrété il y a cinq ans sur le nord de l'Éthiopie, qui avait permis à Washington de sanctionner l'armée érythréenne et le Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ) du président Issayas Afeworki. Selon cette même source, le ministre éthiopien des Affaires étrangères a accusé, de son côté, le gouvernement érythréen d'avoir choisi « la voie de l'escalade », signe que la levée des sanctions américaines n'a pas apaisé les tensions entre Addis-Abeba et Asmara.

Ce que cet article ne permet pas d'établir

Les deux sources consultées ne précisent pas si cette décision américaine s'accompagne d'un geste réciproque de la part d'Asmara, ni si elle aura une incidence directe sur les échanges commerciaux entre l'Érythrée et l'Afrique de l'Ouest. Il n'a pas non plus été possible de recueillir une réaction du gouvernement érythréen lui-même dans le cadre de cet article, les textes disponibles ne citant que des responsables américains et un chercheur basé à Washington.
ÉrythréeÉtats-Unismer RougesanctionsdiplomatieCorne de l'Afrique
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.