Dix-sept mille cinq cents. C'est le nombre maximal de réfugiés que les États-Unis prévoient d'admettre au cours de l'exercice budgétaire 2027, qui débute le 1er octobre, et la quasi-totalité d'entre eux seront des Afrikaners d'Afrique du Sud. L'information figure dans un document transmis mardi 22 septembre au Congrès américain et consulté par plusieurs médias, dont CBS News et l'agence Boursorama.
Le département d'État y indique s'attendre à ce que « les Afrikaners d'Afrique du Sud s'intègrent pleinement aux États-Unis de manière à préserver les ressources des contribuables au profit des citoyens américains ». Le chiffre représente une hausse de 10 000 par rapport au plafond initialement prévu de 7 500, selon le Washington Examiner, pour un coût budgétaire estimé à 500 millions de dollars.
Un programme de réfugiés à l'arrêt pour le reste du monde
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a suspendu l'ensemble des demandes d'asile, avant de créer une exception pour les Afrikaners, descendants des colons européens d'Afrique du Sud, majoritairement néerlandais. Sur les quelque 3 000 réfugiés admis aux États-Unis au cours de l'exercice budgétaire qui s'achève le 30 septembre 2026, trois seulement ne venaient pas d'Afrique du Sud, selon les données du département d'État citées par Boursorama.
L'écart est saisissant avec l'ère précédente : plus de 100 000 réfugiés, originaires de dizaines de pays, avaient été accueillis aux États-Unis en 2024 sous l'administration Biden. Le programme américain d'asile, conçu à l'origine pour des populations fuyant guerres et persécutions sur tous les continents, se retrouve donc de fait réservé à une seule communauté.
« « Les Afrikaners sont confrontés à la saisie de terres agricoles sans compensation, à des politiques publiques conçues pour démanteler l'égalité des chances dans l'emploi, l'éducation et les affaires, ainsi qu'à une rhétorique de haine alimentant une violence disproportionnée contre des minorités racialement défavorisées », affirme le département d'État dans sa note au Congrès, selon CBS News. »
Pretoria dément, Washington sanctionne
Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises un « génocide » visant les Afrikaners, allant jusqu'à confronter l'an dernier le président sud-africain Cyril Ramaphosa dans le Bureau ovale avec des images de meurtres de fermiers. Le gouvernement sud-africain conteste fermement toute persécution de cette minorité, la qualifiant de descendants de colons ayant conservé, pour l'essentiel, leur position économique dominante dans le pays.
Selon CBS News, les États-Unis ont par ailleurs imposé, la semaine précédant cette annonce, de nouvelles sanctions contre des responsables sud-africains accusés d'avoir discriminé les Afrikaners. Deux décisions qui s'enchaînent et durcissent, semaine après semaine, une relation bilatérale déjà tendue entre les deux capitales.
Pour les candidats africains à l'asile ou à l'immigration régulière vers les États-Unis, hors Afrique du Sud, le message envoyé par Washington est sans ambiguïté : la politique de réinstallation des réfugiés, longtemps ouverte à des dizaines de nationalités, ne l'est plus, sauf exception assumée sur des bases ethniques.
L'exercice budgétaire 2027 démarre le 1er octobre, dans quelques jours à peine. La note transmise au Congrès ne détaille pas, selon les médias qui l'ont consultée, la répartition exacte des rares places qui ne seraient pas attribuées à des Afrikaners, ni les pays d'origine susceptibles d'en bénéficier à la marge.







