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À Treichville, un « navigateur » pour ne plus perdre les malades du cancer en cours de route

Le CHU de Treichville a inauguré jeudi le système RedPath, qui confie à des soignants formés l'accompagnement individualisé des patients atteints de cancer, de l'annonce du diagnostic jusqu'au suivi post-traitement. La même cérémonie a permis de remettre au service d'anatomopathologie 120 millions de FCFA d'équipements destinés à accélérer les diagnostics.

JGJunior Gnapié25 septembre 2026⏱ 3 min de lectureLu 2 foisSanté
Ruban rose, symbole international de la lutte contre le cancer du sein
📷 Illustration : À Treichville, un « navigateur » pour ne plus perdre les malades du cancer en cours de route
Le geste est passé presque inaperçu dans l'agenda chargé de la rentrée sanitaire ivoirienne, et pourtant il touche à l'un des points les plus fragiles de la lutte contre le cancer dans le pays : ce qui se passe entre le moment où un patient reçoit son diagnostic et celui où il termine, ou abandonne, son traitement. Jeudi 24 septembre, au Centre hospitalier universitaire de Treichville, le ministère de la Santé a officiellement lancé RedPath, un système de « navigation patient » censé combler ce vide.
Concrètement, des infirmiers, des sages-femmes et des assistants sociaux formés à cet effet jouent désormais les intermédiaires entre le malade et le système de soins. Ils relancent les patients qui ratent un rendez-vous, les aident à surmonter les obstacles financiers ou géographiques qui compliquent un traitement au long cours, et documentent, via une application numérique, chaque étape du parcours. Selon le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa), qui pilote le dispositif, ce suivi peut s'étendre sur trois ans après la fin des soins.

Combler les trous dans la raquette

Le directeur coordonnateur du PNLCa, le professeur Adoubi Innocent, a présenté le dispositif comme une réponse directe aux retards de diagnostic, aux difficultés financières, à l'éloignement géographique et aux ruptures dans le continuum des soins - autrement dit, à tout ce qui fait qu'un patient ivoirien atteint de cancer disparaît parfois des radars entre deux consultations.
Les chiffres du PNLCa donnent la mesure du problème : environ 20 000 nouveaux cas de cancer et plus de 12 000 décès chaque année en Côte d'Ivoire, selon les données GLOBOCAN 2024 présentées à Treichville. Le cancer du sein reste, de loin, le plus fréquent chez les femmes : 4 845 nouveaux cas et 2 284 décès par an.
RedPath a été développé avec l'appui des Laboratoires Roche, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé et la fondation WICS. Le directeur pays de Roche en Côte d'Ivoire, Gonzalo Marques, a résumé la logique du projet à sa manière :

« « L'accès à un diagnostic précoce et précis combiné à la mise en place d'un mécanisme efficace de prise en charge des patients sont des conditions sine qua non de toute chance de guérison. » »

Il a annoncé que des dispositifs similaires suivront prochainement aux CHU de Cocody et d'Angré, avec l'ambition de mettre à terme les trois établissements en réseau.

Du matériel neuf pour le diagnostic

La même cérémonie a servi de cadre à la remise, au service d'anatomie et de cytologie pathologiques du CHU de Treichville, d'équipements d'une valeur de 120 millions de francs CFA : un automate de déshydratation, un microtome, un automate de coloration, une station d'enrobage et un appareil Benchmark Ultra. De quoi, en théorie, réduire les délais d'examen qui conditionnent le choix entre chirurgie, chimiothérapie ou radiothérapie.

« « Un diagnostic précis constitue la carte d'identité du cancer, condition indispensable pour choisir la stratégie thérapeutique adéquate », a résumé le professeur Soro Gona Kountélé, qui présidait la cérémonie au nom du ministre de la Santé. »

Le directeur général du CHU de Treichville, le docteur Guillaume Poitier, a inscrit cette double annonce dans la réforme en cours de l'établissement, engagé dans sa transformation en établissement public hospitalier national. Reste à voir si l'extension promise à Cocody et Angré tiendra ses délais, et si le suivi sur trois ans promis aux patients survivra à l'épreuve du terrain - c'est précisément ce que la Côte d'Ivoire n'était pas parvenue à garantir jusqu'ici.
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