Ce qui est vrai
L’appareil dont il est question est le cœur artificiel total Aeson, conçu par la société française Carmat. Il est destiné à remplacer entièrement le cœur de patients atteints d’insuffisance cardiaque biventriculaire avancée. Ses capteurs et son système d’autorégulation adaptent le débit sanguin à l’activité du patient. Il est fabriqué avec des matériaux biocompatibles, ce qui réduit les risques de rejet par rapport à une greffe. Les résultats de l’étude EFICAS ont été présentés le 31 août au congrès de la Société européenne de cardiologie à Munich et publiés dans l’European Heart Journal. Ils portent sur 55 patients implantés dans dix centres français entre décembre 2022 et mai 2025, des malades très graves : la moitié en choc cardiogénique et plus d’un tiers sous assistance respiratoire extracorporelle au moment de l’implantation.
Ce qui est exagéré
« Fonctionner indéfiniment » : non démontré. L’étude porte sur six mois de suivi. Le professeur André Vincentelli, auteur principal, a lui-même souligné la nécessité de poursuivre les recherches pour évaluer la durabilité du dispositif et son rôle éventuel au-delà de la phase de transition vers la greffe. « Sans donneur » : pas à ce stade. L’étude évalue Aeson comme « passerelle vers la transplantation », pas comme solution définitive. « Pas de problème » : faux. Les complications possibles (AVC, saignements, dysfonctionnement) font partie du suivi, même si leur fréquence est plus basse que prévu. Enfin, l’appareil reste coûteux, plus de 150 000 euros, et n’a pas encore obtenu de remboursement par l’Assurance maladie.









