C’est une fierté scientifique qui dépasse les frontières du Burkina Faso. À Amsterdam, aux Pays-Bas, le 7 octobre 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a remis le 11ᵉ Prix du Professeur Dr Vilho Väisälä à une équipe burkinabè, en marge de la Conférence technique TECO-2026 et du salon international Meteorological Technology World Expo. La cérémonie s’est déroulée en présence de la directrice générale de l’Agence nationale de la météorologie, Dr Mariam Tidiga.
Une équipe de trois chercheurs
Les lauréats sont le Dr Dieudonné Sama, chercheur principal, le professeur Doua Allain Gnabahou, directeur de thèse, et l’ingénieur Ali Ganame. Le Dr Sama a présenté les travaux et reçu, au nom de l’équipe, le diplôme et la médaille. La récompense s’accompagne d’un prix de 10 000 dollars américains. Dans la catégorie « développement et mise en œuvre d’instruments et de méthodes d’observation dans les pays en développement », leur communication s’intitule « Automatisation du format de compte rendu mondial sous la pluie : surveillance en temps réel de l’état des pistes grâce à la technologie de détection et de communication intégrées ». Des équipes de France et d’Espagne ont reçu d’autres prix Väisälä à la même occasion.
Comment ça marche ?
Le principe est ingénieux. Un lien radio est installé le long de la piste d’atterrissage : quand il pleut, la couche d’eau qui se forme sur le revêtement atténue le signal. En mesurant cette atténuation, le système estime l’épaisseur d’eau présente sur la piste, en temps réel et sans inspection manuelle. L’information peut ensuite être transmise aux équipes aéroportuaires et aux pilotes. La méthode a été calibrée sur l’aéroport international de Ouagadougou, où les estimations ont montré une bonne corrélation avec les mesures de référence, avec un coefficient de détermination de 0,87.
L’enjeu est celui de la sécurité aérienne. Une piste mouillée augmente le risque de dérapage et d’aquaplanage à l’atterrissage, notamment en saison des pluies. Aujourd’hui, la surveillance repose en partie sur des relevés manuels, plus lents et moins précis. La technique burkinabè promet une alternative plus efficace, plus économique et plus respectueuse de l’environnement.
Un prix qui compte
Le prix Väisälä récompense chaque année des travaux sur les instruments et méthodes d’observation météorologique. L’attribution à l’équipe burkinabè avait été confirmée lors de la 80ᵉ session du Conseil exécutif de l’OMM, tenue du 22 au 26 juin 2026, avant la remise officielle d’octobre.
Un signal pour la recherche africaine
Au-delà de la médaille, cette distinction illustre la capacité de la recherche africaine à produire des solutions adaptées à ses propres contraintes : des climats tropicaux marqués par de fortes pluies, des infrastructures qu’il faut surveiller à moindre coût, et des équipes capables de mettre au point des technologies de pointe. Dans un continent où la sécurité aérienne est une priorité, l’innovation burkinabè pourrait intéresser d’autres pays. Reste à voir si le système sera déployé à grande échelle et déployé sur d’autres aéroports de la région.









