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Ebola en RDC : une septième province touchée, un premier signe de ralentissement à l'épicentre

Le virus Ebola, apparu en République démocratique du Congo en mai, a atteint le Sud-Ubangi, frontalier de la Centrafrique. Plus de 3 300 morts sont désormais recensés, mais le responsable de la riposte évoque, avec prudence, une tendance à la baisse dans la province où l'épidémie a démarré.

MBMadouce Boniking11 septembre 20263 min de lectureLu 4 foisSanté
Image en microscopie électronique du virus Ebola, dont la souche Bundibugyo est à l'origine de l'épidémie en RDC
📷 Illustration : Ebola en RDC : une septième province touchée
Le Sud-Ubangi devient la septième province de République démocratique du Congo touchée par le virus Ebola. L'annonce a été faite le 10 septembre par le gouverneur par intérim de cette province frontalière de la Centrafrique et de sa capitale Bangui, dans un communiqué où les précisions restent encore rares.
Selon RFI, le cas confirmé est celui d'un homme décédé dans la zone de santé de Bulu, testé positif à la souche Bundibugyo, celle-là même à l'origine de l'épidémie déclarée le 15 mai dernier, dont l'épicentre se situe dans la province d'Ituri, au nord-est du pays.

Un parcours de plusieurs semaines

Les reconstitutions transmises à RFI dessinent un trajet long et chargé. Le malade avait quitté Kamanyola, dans le Sud-Kivu, le 10 juillet. Il est passé par le Rwanda puis l'Ouganda, avant de revenir en RDC début août par l'Ituri. Son parcours l'a ensuite mené dans plusieurs zones où le virus circule activement — Aru, Bunia, puis la province de la Tshopo et Kisangani, où il a été hospitalisé après un accident de la route.
Reparti dix jours plus tard en bateau sur le fleuve Congo, il aurait développé des symptômes entre Bumba et Lisala, le 27 août, avant d'être pris en charge par un infirmier à bord. Arrivé le 3 septembre à Akula, dans le Sud-Ubangi, il a été hospitalisé puis est mort le 7 septembre. Plusieurs de ses contacts ont depuis été identifiés et placés sous surveillance. Le Sud-Ubangi ne partage pourtant aucune frontière avec les six provinces déjà touchées, ce qui oblige les enquêteurs à retracer précisément la chaîne de transmission.

Un bilan lourd, une tendance prudente

Depuis mai, l'épidémie a fait plus de 3 300 morts pour près de 6 900 cas confirmés. Une échéance que le professeur Christian Ngandu, à la tête de la riposte au Centre d'opérations d'urgence de santé publique (Cousp), refuse de qualifier de pic, tout en notant une inflexion : « Je n'ai pas dit qu'on a atteint le pic, je dis que c'est une tendance vers la baisse », a-t-il déclaré à RFI.
Le ralentissement, dit-il, se dessine surtout en Ituri, l'épicentre. Le Nord-Kivu, à l'inverse, voit ses cas augmenter. Christian Ngandu pointe aussi une difficulté persistante : trop de malades sans cas primaire identifié, ce qui complique le travail des équipes de suivi. Il appelle à mobiliser davantage la santé animale dans les investigations, aux côtés de la réponse médicale.

Aucun vaccin homologué

Le principal obstacle reste scientifique : contrairement à d'autres souches d'Ebola, celle qui sévit actuellement, Bundibugyo, ne dispose à ce jour d'aucun vaccin ni traitement homologué, même si des essais sont en cours. Mardi, l'Organisation mondiale de la santé a estimé que 5 000 personnels de santé supplémentaires seraient nécessaires pour faire face à cette épidémie.
Le virus Ebola se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique. Selon RFI, il a déjà tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. L'épidémie actuelle, elle, est la plus meurtrière qu'ait connue la RDC depuis l'apparition du virus sur son sol.
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