Le FBI a officiellement attribué à la Corée du Nord le vol de 6,3 milliards de dollars d'actifs numériques sur Binance, la plus grande plateforme d'échange de cryptomonnaies au monde. Selon Al Jazeera, qui s'appuie sur Reuters, l'agence américaine a communiqué ses conclusions samedi 31 octobre, quelques jours après les faits. Il s'agirait du plus important vol de l'histoire du secteur.
Ce que dit le FBI
L'agence américaine nomme le groupe TraderTraitor, un acteur déjà tenu pour responsable du vol de 1,5 milliard de dollars sur la plateforme Bybit en février 2025. D'après Fox Business, c'est la première confirmation publique d'une agence fédérale, après les analyses de chercheurs privés en cybersécurité.
Le FBI affirme avoir observé des acteurs nord-coréens convertir les fonds volés, principalement en Ethereum. Il s'attend à de nouvelles opérations de blanchiment, notamment via des plateformes de finance décentralisée et des services d'échange instantané. Il a transmis aux prestataires de services d'actifs virtuels une liste d'adresses de portefeuilles suspectes et leur demande de bloquer les transactions qui y sont liées. Fox Business précise que le FBI, le Secret Service et le service d'enquêtes criminelles de l'administration fiscale américaine ont constaté cette conversion.
Une attaque décrite comme complexe
Selon Fox Business et l'Epoch Times, le vol a eu lieu le jeudi 29 octobre. L'Epoch Times indique que les sociétés d'analyse blockchain TRM Labs et Chainalysis avaient dès cette date évoqué des acteurs étatiques nord-coréens, et que, d'après TRM Labs, les fonds ont été déplacés en une vingtaine de minutes.
Le co-directeur général de Binance, Richard Teng, a parlé d'une « attaque complexe ». D'après Al Jazeera, elle impliquait un ordinateur portable compromis et un logiciel malveillant conçu pour effacer ses traces, ce qui complique le suivi des fonds. L'Epoch Times précise qu'il s'agirait de l'ordinateur d'un ingénieur. Binance n'a pas détaillé publiquement davantage le déroulé de l'intrusion dans les textes consultés.
Les clients protégés, assure Binance
Binance a suspendu les retraits après l'attaque, avec une reprise annoncée pour dimanche 1er novembre. L'entreprise affirme avoir remplacé environ 90 % des montants volés en rachetant des jetons avec ses fonds propres. Les 10 % restants concernent des actifs moins liquides, dont l'acquisition peut prendre davantage de temps.
Les fonds mobilisés viendraient du fonds de sécurité SAFU, évalué à environ 1 milliard de dollars, d'une réserve en bitcoins, d'une partie du fonds d'assurance des contrats à terme et de la trésorerie du groupe. Fox Business cite la promesse de l'entreprise : « Binance will absorb the financial impact of these stolen funds, not our users. » Binance a aussi publié un nouvel instantané de preuve de réserves, censé permettre à chacun de vérifier que les avoirs des clients sont couverts au moins à un pour un. Ces déclarations émanent de l'entreprise et n'ont pas été vérifiées de façon indépendante dans les sources consultées.
Un point diverge entre les sources. L'Epoch Times affirme que Binance aurait gelé environ 3 milliards de dollars, surtout des stablecoins. Cette information ne figure pas dans les autres textes lus et doit donc être prise avec prudence. De même, Fox Business parle de « plus de 6 milliards » selon le FBI, tandis que Binance évoque 6,3 milliards.
Un marché sous tension
Les cours des cryptomonnaies ont reculé vendredi, au moment où Binance tentait de rassurer ses utilisateurs. L'Epoch Times évalue la capitalisation totale du secteur à environ 2 600 milliards de dollars au 31 octobre. Selon Fox Business, Donald Trump a déclaré ne pas être inquiet, a dit que son administration recueillait encore des informations sur l'implication possible de la Corée du Nord et a mis en garde contre la multiplication de cyberattaques liées à l'intelligence artificielle. Aucune réaction de Pyongyang n'est rapportée dans les textes consultés.
Pourquoi cela concerne aussi l'Afrique
Binance est largement utilisée en Afrique de l'Ouest pour l'épargne en actifs numériques, les transferts entre particuliers et les paiements entre diasporas et familles restées au pays. Les sources consultées ne chiffrent toutefois ni l'exposition de clients ivoiriens ni d'éventuelles conséquences locales. Cette absence d'information invite à la prudence plutôt qu'à l'alarme.
L'épisode rappelle une règle de base pour les utilisateurs : une plateforme centralisée détient les clés de leurs avoirs. Même si Binance promet de tout rembourser, la solidité de cette garantie dépendra de la reprise effective des retraits et de la réalité des réserves annoncées. L'enquête américaine, elle, devrait se poursuivre autour du traçage des fonds convertis en Ethereum, que les autorités s'attendent à voir circuler encore dans les prochains jours.









