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Chine : la pénurie mondiale de mémoire fait flamber le prix des puces IA

Huawei, Cambricon, MetaX : les principaux fabricants chinois de processeurs pour l'intelligence artificielle ont relevé leurs tarifs de 20 à 50 % en l'espace de deux mois. En cause, une pénurie mondiale de mémoire à haute bande passante, aggravée par les sanctions américaines qui poussent les industriels chinois vers un marché gris où les prix s'envolent.

KAKoffi Ange11 septembre 20262 min de lectureLu 4 foisTech & Numérique
Illustration d'un réseau de neurones artificiels et d'une puce électronique, symbole de l'intelligence artificielle
📷 Illustration : Chine : la pénurie mondiale de mémoire fait flamber le prix des puces IA
Le chiffre donne le vertige pour quiconque suit d'un peu près le secteur : le processeur phare de Huawei pour l'intelligence artificielle, l'Ascend 950DT, se négocie désormais à plus de 250 000 yuans, soit environ 37 000 dollars. Il y a deux mois à peine, son prix était inférieur de 20 à 50 % à ce niveau, selon les informations rapportées jeudi par l'agence Reuters. Un mouvement de hausse qui ne se limite pas à ce seul modèle ni à ce seul fabricant.
L'Ascend 950PR, autre référence du géant chinois des télécoms, est passé de 60 000 à plus de 80 000 yuans, une progression d'environ 30 %. Le 910C, modèle plus ancien mais toujours utilisé, a bondi de 90 000 à plus de 110 000 yuans sur la même période. Du côté de Cambricon, autre acteur clé de l'écosystème chinois des puces IA, la puce 690 affiche une hausse de 20 à 30 % par rapport à ses tarifs d'il y a deux mois. MetaX et Iluvatar CoreX, deux autres fabricants nationaux, sont également concernés par ce mouvement général.
La cause de cette flambée tient en trois lettres : HBM, pour « high bandwidth memory », la mémoire à haute bande passante indispensable au fonctionnement des accélérateurs d'intelligence artificielle les plus performants. Cette mémoire connaît actuellement une pénurie mondiale, tirée par une demande qui dépasse largement les capacités de production des grands fournisseurs internationaux. Pour la Chine, la situation se double d'une contrainte supplémentaire : les sanctions américaines de décembre 2024 ont restreint les exportations de HBM vers le pays, ce qui a forcé nombre de fabricants chinois de semi-conducteurs à se tourner vers un marché gris, où cette mémoire s'échange à des prix parfois plusieurs fois supérieurs aux cours officiels.
Le résultat, pour les entreprises et les laboratoires chinois qui dépendent de ces puces pour entraîner ou faire fonctionner leurs modèles d'intelligence artificielle, c'est un coût du calcul qui grimpe mécaniquement, dans un secteur où la compétition internationale se joue justement sur la capacité à produire toujours plus de puissance de calcul au meilleur coût. Un paradoxe pour un pays qui a fait de l'autonomie technologique en matière d'IA l'un des piliers de sa stratégie industrielle ces dernières années, et qui se retrouve aujourd'hui freiné, non pas par un manque de savoir-faire dans la conception des puces elles-mêmes, mais par sa dépendance à un composant périphérique, la mémoire, largement dominé par des fournisseurs sud-coréens et américains.

Cette tension sur les prix intervient alors que la compétition entre laboratoires chinois d'intelligence artificielle bat son plein sur un autre terrain, celui de l'efficacité des modèles : les équipes qui parviennent à obtenir de bons résultats avec moins de puissance de calcul gagnent un avantage certain dans un contexte où chaque unité de calcul coûte, semaine après semaine, plus cher qu'avant. De quoi renforcer, chez certains acteurs, la conviction que l'optimisation logicielle pourrait compter, à moyen terme, au moins autant que la course à la puissance brute des puces elles-mêmes.

KAKoffi Ange — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Tech & Numérique
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