Au carrefour du tribunal de Gagnoa, la scène est devenue banale : de la tôle froissée, une victime évacuée à la hâte, un conducteur envolé dans la nature. Ce fait divers presque routinier cache un problème d'une tout autre échelle. Dans la région du Gôh, plus de 200 000 motos et tricycles circulent, dont la majeure partie dans une clandestinité totale : sans plaque, sans propriétaire identifiable, sans existence pour le fisc.
Face à ce qu'elle qualifie de fléau à la fois sécuritaire et financier, la direction régionale des Transports et des Affaires maritimes a lancé, en avril, une opération d'identification. L'arrêté qui l'institue date du 13 mars 2026. Son ambition : coupler chaque châssis à la carte nationale d'identité de son propriétaire, pour faire sortir le transport à deux et trois roues de sa zone grise.







