Le déclencheur immédiat remonte à la nuit de mardi à mercredi. Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé avoir détruit cinq pétroliers liés aux Gardiens de la révolution iraniens (IRGC), quatre dans le golfe d'Oman et un cinquième près de l'île de Kharg, principal terminal d'exportation pétrolière iranien, en rétorsion à deux tentatives de tir de missiles balistiques contre un navire de guerre américain. Les équipages ont été sommés d'évacuer avant les frappes, précise Centcom. En réponse, les Gardiens de la révolution affirment avoir attaqué deux destroyers américains et huit pétroliers dans le détroit d'Ormuz, ainsi qu'une base américaine en Jordanie. Des frappes que Centcom conteste en partie. Amman affirme avoir intercepté l'essentiel des missiles tirés sur son territoire, sans faire de victime.
Un deuxième front au Yémen
Le même jour, les rebelles houthistes, soutenus par Téhéran, ont revendiqué des frappes de drones et de missiles contre des sites pétroliers et énergétiques dans plusieurs villes saoudiennes (Abha, Khamis Mushait, Jazan, Najran), blessant au moins 73 civils selon les autorités saoudiennes, qui ont répliqué par des dizaines de frappes aériennes sur les zones tenues par les Houthis. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a estimé que « la main iranienne » se trouvait « clairement » derrière ces attaques.
Selon CNBC, la banque Goldman Sachs a relevé lundi ses prévisions de prix pour décembre 2026, à 85 dollars pour le Brent, et averti qu'un baril à plus de 120 dollars n'était pas à exclure en 2027 si la production du Golfe restait durablement inférieure à son niveau d'avant-guerre.
Une facture qui remonte jusqu'au CFA
Ni Washington ni Téhéran ne montrent, pour l'instant, de signe de désescalade : le président américain Donald Trump a promis mardi que « les prix du pétrole chuteront de manière brutale » une fois la guerre « gagnée », tandis que le porte-parole des Gardiens de la révolution annonce une nouvelle « zone interdite » à la navigation au-delà du détroit d'Ormuz. En attendant, c'est le prix du baril qui sert de baromètre au conflit. Pour les économies de la zone franc, importatrices nettes de produits pétroliers comme la Côte d'Ivoire, ce type de flambée se répercute, avec quelques semaines de décalage, sur la facture des carburants et, en cascade, sur les prix du transport et de l'énergie.







