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Golfe Persique : Washington frappe trois pétroliers iraniens, l'escalade se poursuit

L'armée américaine a annoncé avoir frappé trois pétroliers iraniens ce week-end, en représailles à des tirs de missiles balistiques contre deux de ses navires de guerre. L'épisode confirme la reprise d'un conflit qui dure depuis février, avec des conséquences directes sur les approvisionnements pétroliers mondiaux.

JGJunior Gnapié7 septembre 20263 min de lectureLu 20 foisActualité
Le détroit d'Ormuz
© Energies Assist
Le commandement central américain, CENTCOM, a annoncé samedi avoir mené des frappes contre trois navires transportant du pétrole iranien, dont un au large de l'île de Kharg, principal terminal d'exportation de brut du pays, un autre près de Jask, et un troisième dans le golfe d'Oman. Selon le communiqué militaire, ces frappes répondaient à des tirs de missiles balistiques lancés par les Gardiens de la révolution iraniens, l'IRGC, contre un porte-avions et un destroyer américains « patrouillant dans les eaux régionales ».
L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, n'a pas mâché ses mots pour justifier la riposte. « Que le message envoyé à l'IRGC soit clair : si vous tirez sur deux de nos navires, nous imposerons un coût économique encore plus élevé, en détruisant trois des vôtres », a-t-il déclaré dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux. Selon l'armée américaine, le porte-avions et le destroyer visés ont réussi à échapper aux tirs iraniens sans subir de dégâts, et aucun militaire américain n'a été blessé.
Les précisions apportées par CENTCOM donnent une idée de l'ampleur de la riposte. Le pétrolier M/T Downy, au large de Kharg, et le M/T Stark 1, près de Jask, ont été « définitivement mis hors d'usage ». Un troisième bâtiment, le M/T Kylo, vide de cargaison au moment des faits, a été « complètement détruit » dans le golfe d'Oman après que son équipage a reçu l'ordre d'évacuer. Des enregistrements diffusés par plusieurs médias font entendre un avertissement lancé en anglais à l'équipage du Stark 1, lui laissant dix minutes pour évacuer la poupe du navire avant les tirs. L'agence iranienne Tasnim a de son côté fait état de quatre missiles américains ayant touché un pétrolier près de Kharg, sans faire de victime selon ses sources.
L'Iran n'est pas resté sans réaction. L'IRGC a revendiqué samedi soir des attaques contre trois pétroliers et trois navires qu'il présente comme liés aux États-Unis, dans le détroit d'Ormuz. Dans un communiqué relayé par Tasnim, les gardiens de la révolution affirment avoir visé « des navires affiliés à l'Amérique tueuse d'enfants », promettant une réponse plus lourde en cas de poursuite des « actions hostiles et agressives » américaines. Aucune riposte iranienne d'ampleur n'avait toutefois été constatée dimanche matin, selon les correspondants sur place.
Cet échange de tirs s'inscrit dans un conflit ouvert depuis février, quand des frappes américano-israéliennes avaient visé l'Iran et provoqué la fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran, suivie d'un blocus naval américain. Fin août déjà, Donald Trump avait promis, dans un message accompagné d'une vidéo générée par intelligence artificielle, de réduire l'île de Kharg « en miettes ». CENTCOM présente désormais les pétroliers visés comme les rouages d'un « réseau de plusieurs milliards de dollars » finançant l'IRGC et ses relais régionaux.
Au-delà de l'aspect militaire, cette nouvelle vague de frappes intervient un jour après l'annonce, par le département du Trésor américain, de sanctions contre une banque d'investissement turque et deux de ses filiales, accusées d'avoir permis à l'Iran de convertir en liquidités et en or des revenus pétroliers transitant par la Chine. Le conflit, qui pèse sur les approvisionnements énergétiques mondiaux depuis plusieurs mois, a par ailleurs suscité une opposition croissante au sein de l'opinion américaine, à l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre.
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