Le week-end aura été chargé pour la diplomatie américaine dans le dossier ukrainien. Samedi 5 septembre, Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président américain, ont rencontré Vladimir Poutine à Moscou, avant de rallier Kiev dès le lendemain pour s'entretenir avec Volodymyr Zelensky. Il s'agissait de la première visite de Jared Kushner en Ukraine depuis le début de sa mission de médiation, et de la huitième visite de Steve Witkoff en Russie.
Le déplacement n'a pas été de tout repos sur le plan logistique. Les deux émissaires ont dû rallier Kiev depuis l'aéroport polonais de Rzeszow, puis prendre le train, la voie aérienne directe ayant été jugée trop risquée. Russie et Ukraine se sont toutefois entendues pour s'abstenir de frappes aériennes sur leurs capitales respectives, le temps d'assurer la sécurité des négociateurs américains, même si le Kremlin a rejeté la demande ukrainienne d'une pause plus large des hostilités.
Sur le fond, Donald Trump avait présenté à l'avance le plan porté par ses émissaires comme « substantiel ». Selon plusieurs sources proches des discussions, il s'agirait en réalité d'une version actualisée de propositions déjà formulées par le passé, plutôt que d'une initiative entièrement nouvelle. La présidence ukrainienne a néanmoins qualifié ces nouvelles propositions de « plus efficaces » que les précédentes, sans pour autant dissiper le scepticisme ambiant.
« « Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l'hiver, ce qui semble être le cas pour l'instant », a déclaré Volodymyr Zelensky dimanche soir, à l'issue de ses échanges avec les envoyés américains. »
Côté russe, le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, a confirmé que le président russe avait réitéré, devant Witkoff et Kushner, son insistance sur la nécessité d'« éliminer les causes profondes de la guerre » comme préalable à tout accord. Une formule que Moscou emploie depuis le début du conflit pour justifier ses revendications territoriales et sécuritaires, et qui n'a guère évolué au fil des rounds de négociation successifs. Plus concrètement, Vladimir Poutine a indiqué aux émissaires américains être disposé à de nouvelles discussions avec l'Ukraine, mais seulement une fois passées les élections législatives russes, dont le second tour doit se clore le 20 septembre.
Ce calendrier électoral pèse sur le tempo diplomatique. Il repousse mécaniquement toute avancée substantielle d'au moins deux semaines, dans un contexte où plusieurs sources présentes à Kiev dimanche évoquaient déjà « un consensus général sur le fait que la guerre avait peu de chances de prendre fin » à court terme. Rien, pour l'heure, ne suggère une inflexion réelle de la position maximaliste défendue par Moscou depuis le début des pourparlers relancés par l'administration Trump.
La suite s'annonce chargée sur le plan diplomatique. Donald Trump doit s'entretenir avec Vladimir Poutine après avoir reçu le compte rendu détaillé de ses émissaires, avant de faire de même avec Volodymyr Zelensky. Les Américains espèrent, à terme, relancer un format trilatéral associant Kiev et Moscou directement, un objectif qui reste, pour l'instant, hors de portée immédiate.







