Il s'est effondré « en quelques secondes », selon un témoin cité par la BBC. Dans la nuit de mardi à mercredi, un immeuble de six étages du quartier de Tal al-Hawa, à Gaza-Ville, s'est écroulé sur les tentes dressées à ses pieds par des familles déplacées. Le bilan provisoire s'élève à au moins 21 morts, un chiffre confirmé à la fois par la BBC et par The Guardian.
Le bâtiment penchait dangereusement depuis plus d'un an, fragilisé par une frappe israélienne. Mais pour les familles qui l'occupaient - une dizaine selon The Guardian, près d'une centaine de personnes selon la BBC - il restait, malgré le danger visible, l'un des seuls abris disponibles. « Ils n'ont pas pu trouver de tente ou un endroit où vivre. C'était le dernier endroit où ils pouvaient se tourner, malgré le danger. Le manque de ressources les a poussés vers une mort certaine », a témoigné Sherif, dont la sœur figure parmi les victimes, cité par la BBC.
Des secours à mains nues
Les équipes de la protection civile, dirigée par le Hamas, ont été rejointes par des équipes de l'ONU et d'Égypte pour rechercher des survivants. Faute de matériel lourd, les premiers sauveteurs ont dû creuser à mains nues. Le bilan des blessés diffère selon les sources : 45 personnes transportées à l'hôpital selon la BBC, 25 selon The Guardian. Le nombre d'enfants parmi les morts varie également - huit selon la BBC, onze selon The Guardian - un écart qui illustre la difficulté, sur le terrain, à établir un bilan stabilisé dans l'immédiat après-drame.
Le responsable du bureau du Programme des Nations unies pour le développement à Gaza, Alessandro Mrakic, a résumé la situation sur place : « Nous n'avons pas l'équipement et la machinerie nécessaires. » Il a averti qu'environ 400 autres bâtiments endommagés par la guerre à travers Gaza risquaient de s'effondrer à leur tour, alors que l'hiver approche. Le coordonnateur humanitaire de l'ONU, Ramiz Alakbarov, s'est dit « dévasté », appelant Israël à autoriser l'entrée de machines lourdes et de matériel d'hivernage. Israël justifie ses restrictions par la crainte que cet équipement ne tombe entre les mains de groupes armés.
La désescalade, priorité « numéro un, deux et trois »
Cette tragédie survient alors que le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a profité d'une conférence de presse à New York, mercredi, pour lancer un appel aux dirigeants mondiaux à quelques jours de la semaine de haut niveau des Nations unies. « L'ONU n'est pas seulement une plateforme, c'est une promesse », a-t-il déclaré, plaçant le Proche-Orient en tête de ses priorités.
« « La désescalade doit être la priorité numéro un, numéro deux et numéro trois. » »
— António Guterres, secrétaire général de l'ONU
Guterres a insisté sur la souffrance persistante des Palestiniens, à Gaza comme en Cisjordanie, réclamant une mise en œuvre « pleine » du plan de paix pour Gaza et un accès humanitaire sans restriction. Il a également appelé à mettre fin à ce qu'il a appelé « l'annexion rampante » de la Cisjordanie, rappelant qu'« il n'y aura pas de paix au Moyen-Orient sans la réalisation de la solution à deux États ». Sur l'Ukraine, il a demandé un cessez-le-feu immédiat. Sur l'intelligence artificielle, il a averti que son développement avançait plus vite que la compréhension de ses risques, jugeant qu'« aucun pays ne peut se permettre une course au moins-disant sur la sécurité de l'IA ».
Selon le décompte du ministère de la Santé de Gaza, cité par The Guardian, 1 369 Palestiniens ont été tués et 4 627 blessés depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre 2025. Un cessez-le-feu qui, sur le terrain de Tal al-Hawa, n'a manifestement pas suffi à mettre les habitants à l'abri d'un danger que tout le monde, autour d'eux, voyait déjà venir.







