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Visite technique : dès ce 1er octobre, un agent de l'État sur chaque site et un macaron sécurisé contre les faux certificats

Le ministère des Transports met en application aujourd'hui son nouveau dispositif de lutte contre la fraude à la visite technique : un agent de la DGTTC sur chaque site, fixe ou mobile, un macaron sécurisé et une plateforme numérique de suivi. L'objectif affiché est qu'aucun véhicule ne reparte avec un certificat sans avoir réellement été contrôlé.

APAnge Pascal1 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 13 foisActualité
Un véhicule présenté à la visite technique, à Abidjan
📷 Illustration : Un véhicule présenté à la visite technique, à Abidjan © Abidjan4all
Pour les automobilistes ivoiriens, la visite technique est souvent vécue comme une formalité qu'on règle vite, parfois trop vite. Depuis ce jeudi 1er octobre 2026, le ministère des Transports entend mettre fin à cette habitude : un représentant de l'État sera présent sur chaque site de contrôle, et le vieux support en PVC cède progressivement la place à un macaron sécurisé.

Un agent de l'État sur chaque site

Le dispositif a été détaillé le 10 septembre par Oumar Sacko, directeur général des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTC). Concrètement, un agent sera positionné sur chaque site, qu'il soit fixe ou mobile. Sa mission tient en deux gestes : vérifier que le véhicule est physiquement présent sur le banc, puis apposer lui-même le nouveau macaron une fois le contrôle effectué.
La logique est simple. Jusqu'ici, un certificat pouvait être obtenu sans que la voiture ait réellement passé l'épreuve, ce que le jargon du secteur appelle un certificat de complaisance. En plaçant un fonctionnaire entre le contrôleur et le client, l'administration cherche à rendre l'opération difficile à contourner. « L'objectif du ministre des Transports est de garantir qu'aucun véhicule ne reparte avec un certificat sans avoir réellement subi la visite », a expliqué Oumar Sacko, selon les comptes rendus de la presse ivoirienne.

Un macaron plus difficile à copier, une base de données en ligne

Le deuxième volet touche à l'objet lui-même. Le support en PVC, facile à reproduire, sera remplacé de façon progressive par un sticker sécurisé, pensé pour réduire la contrefaçon. Le mot « progressive » compte : les deux supports vont coexister un temps, et un automobiliste muni d'un ancien autocollant encore valide n'a pas à s'en inquiéter.
Troisième pilier, une plateforme numérique. Chaque contrôle y sera enregistré avec l'immatriculation du véhicule, le résultat, la durée de validité et le numéro de série du macaron. En clair, un policier ou un gendarme pourra, en théorie, vérifier en quelques secondes si le sticker collé sur un pare-brise correspond à une visite réellement effectuée. Les cinq exploitants agréés, SICTA, MAYELIA, SILOTEC, CCTA et RECTA-CI, sont concernés. Le déploiement doit passer par une phase pilote, la formation des agents et une campagne de sensibilisation du public.

Une offensive qui ne date pas d'hier

Ce 1er octobre ne tombe pas du ciel. Le 2 mars, les autorités ont lancé l'opération « Tolérance zéro » sur les routes ivoiriennes, articulée autour du respect du code de la route, de l'état des véhicules et de la conformité des opérateurs du secteur. Quelques jours plus tard, le 10 mars, deux centres, à Boundiali et à Adzopé, ont été fermés après des plaintes d'usagers et des inspections inopinées. Les bancs de contrôle mobiles ont, eux, été suspendus le temps de vérifier leur conformité. Depuis le 1er juillet, le macaron doit en outre être visible sur le pare-brise.
On voit la trajectoire : après avoir sanctionné les centres défaillants, l'État choisit désormais de s'installer sur place. Reste une question que le ministère n'a pas tranchée publiquement : aucune nouvelle amende n'a été annoncée. Circuler sans certificat valide reste passible de la mise en fourrière, comme avant. Le durcissement porte donc sur la chaîne de délivrance du document, pas sur le barème des sanctions.

Ce qu'il faudra regarder dans les prochaines semaines

Trois points méritent d'être suivis. D'abord, la capacité de la DGTTC à tenir ses effectifs : placer un agent sur chaque site, y compris mobile, suppose des moyens humains et logistiques considérables, sur tout le territoire. Ensuite, l'effet sur les délais et sur les files d'attente, que les usagers redoutent toujours quand une procédure s'alourdit. Enfin, la fiabilité de la plateforme, dont tout l'intérêt repose sur des données saisies en temps réel et consultables par les forces de l'ordre.
Pour les automobilistes, le conseil est de bon sens : présenter son véhicule en état, conserver son reçu et vérifier que le macaron posé porte bien un numéro de série. Pour les professionnels du secteur, le message est plus rude. Quand un représentant de l'État regarde chaque contrôle, la marge pour arranger les choses se réduit. Si le dispositif tient ses promesses, la route y gagnera, car un véhicule dont les freins ou les pneus ont été vraiment vérifiés n'est pas qu'une ligne sur un registre.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Actualité
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