Le Zimbabwe compte, depuis le 9 septembre 2026, un jour férié de plus à son calendrier national. Le gouvernement a publié ce jour-là le Statutory Instrument 148 of 2026, pris en application de la section 2(2) du Public Holidays and Prohibition of Business Act, qui dispose : « Il est par la présente déclaré que le 15 septembre de chaque année sera désormais un jour férié public connu sous le nom de Munhumutapa Day. »
Un nom qui renvoie à un empire précolonial
Le gouvernement présente cette nouvelle journée comme un hommage à l'héritage historique du pays. Le nom « Munhumutapa » renvoie au titre porté par les souverains de l'empire du Mutapa, un puissant royaume shona qui s'est étendu, selon les sources, du XIVe ou XVe siècle jusqu'au XVIIIe siècle, sur une partie des territoires correspondant aujourd'hui au Zimbabwe et, selon certaines versions, au Mozambique voisin.
Une date qui n'a rien d'anodin
Le 15 septembre est aussi la date de naissance du président Emmerson Mnangagwa, né en 1942, qui fêtera donc ses 84 ans le jour même de la première célébration de ce nouveau jour férié. Le gouvernement n'a, selon les médias consultés, donné aucune explication officielle sur le choix de cette date précise pour instaurer la nouvelle commémoration.
« Il est par la présente déclaré que le 15 septembre de chaque année sera désormais un jour férié public connu sous le nom de Munhumutapa Day »
— Statutory Instrument 148 of 2026, publié le 9 septembre 2026.
Selon des médias zimbabwéens, le 15 septembre était déjà, depuis 2018, célébré de manière informelle par les jeunesses du parti au pouvoir, la Zanu-PF, en l'honneur de la présidence de M. Mnangagwa. Sa transformation en jour férié national officiel marque donc l'institutionnalisation d'une pratique jusque-là partisane.
Un contexte de personnalisation du pouvoir
Cette annonce intervient quelques mois après que le président zimbabwéen a obtenu la prolongation de son second mandat, initialement prévu jusqu'en 2028, jusqu'en 2030. Certaines franges de son parti ont même, selon des médias locaux, évoqué la possibilité de transformer sa présidence en monarchie, une hypothèse qui, associée à ce nouveau jour férié coïncidant avec son anniversaire, alimente les interrogations sur la personnalisation croissante du pouvoir à Harare.
La décision a d'ores et déjà eu une conséquence concrète signalée par la presse locale : la National Competitiveness Commission a dû décaler son sommet annuel, initialement prévu autour du 15 septembre, pour tenir compte du nouveau jour chômé.







