C'est en marge du 18e sommet des BRICS, samedi à New Delhi, que Vladimir Poutine a choisi de hausser le ton devant la presse. Sa cible, cette fois : les capitales européennes qui discutent, depuis plusieurs mois déjà, de la possibilité d'envoyer des troupes en Ukraine dans le cadre d'un éventuel accord de cessez-le-feu.
« "Maintenant, ils parlent de la manière dont ils envisagent d'amener des troupes sur le territoire de l'Ukraine. Cela signifie la guerre avec la Russie", a déclaré le président russe, dans une formule qui ne laisse guère de place à l'ambiguïté diplomatique. »
Une menace assortie d'un démenti
Le président russe a pris soin d'accompagner sa mise en garde d'un démenti plus large : selon lui, la Russie ne représente aucune menace pour les nations européennes, et ses arguments s'appuient, dit-il, sur les arrangements hérités de la Seconde Guerre mondiale. Une ligne défensive que Moscou martèle depuis le début du conflit, en 2022, et qui contraste avec la fermeté de ses mises en garde chaque fois que la question d'une présence militaire occidentale directe sur le sol ukrainien refait surface.
La déclaration intervient dans un contexte diplomatique particulier. Elle fait suite à des visites récentes de l'émissaire spécial américain Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans le cadre d'un effort de médiation américain qui peine, pour l'instant, à déboucher sur un cessez-le-feu durable.
Un mort à Zaporijjia le jour même
Sur le terrain, la guerre, elle, ne connaît pas de pause diplomatique. Le même jour, des frappes de drones russes ont visé la région de Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine, détruisant une habitation et tuant une femme, selon le gouverneur régional Ivan Fedorov, qui a fait état de personnes prises au piège sous les décombres. Un épisode parmi tant d'autres depuis février 2022, mais qui vient rappeler, à quelques heures d'une déclaration russe sur les risques d'escalade, où se situe la ligne de front réelle du conflit.
Le sommet des BRICS de New Delhi, qui réunit notamment la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et l'Iran, offre par ailleurs à Vladimir Poutine une tribune diplomatique de choix pour rappeler que la Russie n'est pas isolée sur la scène internationale, en dépit des sanctions occidentales. De son côté, Volodymyr Zelensky continue de plaider, depuis Kiev, pour un renforcement immédiat de ces mêmes sanctions, et prépare une rencontre avec Donald Trump à New York, prévue fin septembre, où le dossier des livraisons de missiles et des garanties de sécurité occidentales devrait figurer en tête de l'agenda.
Entre les mises en garde de Moscou, les frappes qui continuent sur le terrain et une médiation américaine qui avance par à-coups, la perspective d'une désescalade rapide paraît, à ce stade, hors de portée.







