Quiconque a traversé Cocody aux heures de pointe connaît le supplice. Entre l'École nationale de police, la Riviera Palmeraie et le carrefour de la Riviera 3, que les Abidjanais appellent « Neuf Kilo », la circulation se fige matin et soir sur le boulevard Germain Koffi Gadeau. C'est précisément là que vont pousser trois nouveaux échangeurs.
Mercredi 4 novembre à Abidjan, la Côte d'Ivoire et le Japon ont signé l'échange de notes qui officialise le financement. Selon l'Agence ivoirienne de presse, Tokyo accorde un don de 48,4 milliards FCFA. Certains titres de presse ont évoqué 44 milliards ; c'est bien le chiffre de 48,4 milliards qui figure dans les informations officielles rapportées par l'AIP. Il s'agit d'un don, et non d'un prêt : la Côte d'Ivoire n'aura pas à le rembourser.
La suite d'un partenariat déjà visible
Ce projet constitue la deuxième phase d'un programme japonais d'amélioration de la mobilité à Abidjan. La première, d'environ 13 milliards FCFA de financement japonais, a déjà permis de réaliser des ouvrages, dont l'échangeur de l'amitié ivoiro-japonaise Shinzo Abe, qui relie Marcory à Treichville au niveau du carrefour Solibra, inauguré par le vice-président Tiémoko Meyliet Koné.
Le Japon s'est imposé ces dernières années comme un partenaire discret mais régulier des infrastructures ivoiriennes, à côté de la Chine, de l'Union européenne ou de la Banque africaine de développement. Ses projets sont réputés pour leur qualité technique et le respect des délais.
Un soulagement attendu à Cocody
Pour les habitants de la Riviera, de la Palmeraie, d'Angré et au-delà, ces échangeurs devraient fluidifier l'un des axes les plus saturés de la ville. Le boulevard relie le centre d'Abidjan à l'est de Cocody, en pleine expansion. Chaque matin, des dizaines de milliers de véhicules, voitures particulières, taxis et gbakas, s'y engouffrent. Supprimer les feux et les carrefours à niveau sur ces trois points permettrait de gagner un temps précieux.
Les autorités n'ont pas encore communiqué de calendrier précis pour le début des travaux ni pour leur durée. Les riverains devront aussi s'attendre à plusieurs mois de chantier, avec les déviations et embouteillages que cela suppose.
Les échangeurs ne suffiront pas
Il faut pourtant le dire : Abidjan ne réglera pas ses embouteillages à coups d'échangeurs. L'expérience de nombreuses villes le montre. Plus on facilite la circulation automobile, plus le trafic augmente, et les bouchons se déplacent vers le carrefour suivant. La vraie solution passe par les transports collectifs de masse : le métro d'Abidjan, dont la première ligne est en construction, les bus à haut niveau de service, et le transport lagunaire, encore sous-exploité dans une ville bâtie autour de l'eau.
C'est l'équilibre entre ces deux approches qui fera la différence. Les trois échangeurs de Cocody sont une bonne nouvelle. Ils ne seront une réussite que s'ils s'intègrent dans une politique de mobilité qui pense d'abord aux millions d'Abidjanais qui se déplacent sans voiture.









