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Énergie : le Sénat ivoirien autorise la ratification du compact américain de 322,5 millions de dollars

Réuni à Yamoussoukro, le Sénat a voté à l'unanimité le texte qui permet au président de ratifier deux accords avec la Millennium Challenge Corporation américaine. Au programme : 300 millions de dollars de don américain, 22,5 millions apportés par l'État ivoirien, pour renforcer le réseau électrique et vendre davantage de courant à la sous-région.

APAnge Pascal6 novembre 2026⏱ 3 min de lectureLu 2 foisÉconomie
Énergie, le Sénat ivoirien autorise la ratification du compact américain de 322,5 millions de dollars
📷 Illustration : Énergie, le Sénat ivoirien autorise la ratification du compact américain de 322,5 millions de dollars © Abidjan4all
Le Parlement ivoirien a franchi la dernière marche avant la ratification. Le Sénat, réuni à Yamoussoukro, a adopté à l'unanimité, le projet de loi autorisant le chef de l'État à ratifier deux accords conclus avec les États-Unis par l'intermédiaire de la Millennium Challenge Corporation (MCC). L'Assemblée nationale avait déjà donné son feu vert.
L'enveloppe totale s'élève à 322,5 millions de dollars. Le don de la MCC en représente 300 millions (environ 168 milliards de FCFA, d'après Financial Afrik). L'État ivoirien y ajoute 22,5 millions de dollars, versés sur cinq ans.
Le programme est présenté comme un « compact régional pour l'énergie ». Il vise à réduire les coupures de courant, à consolider le réseau national, stockage d'énergie compris, et à augmenter les volumes d'électricité que la Côte d'Ivoire vend sur le marché sous-régional de la CEDEAO. Les chantiers évoqués devant les députés : modernisation des équipements électriques, technologies de conduite du réseau, stockage et développement des énergies renouvelables.
Les deux accords portent les dates des 16 septembre 2025 et 16 avril 2026. Le premier a été signé à la Primature, à Abidjan, par Jason Small, vice-président de la MCC chargé des opérations, et par le ministre de l'Économie et des Finances de l'époque, Adama Coulibaly. L'ambassadrice américaine, Jessica Davis Ba, avait alors souligné qu'il s'agissait du premier compact régional signé depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Ces accords ne se contentent pas de débloquer des fonds. Ils prévoient des exemptions fiscales, douanières et de prélèvements, au niveau national comme local. Ils fixent aussi des règles pour la rupture de contrats de travail à durée indéterminée, avec des indemnités à la charge de l'État ivoirien. Comme ces dispositions s'écartent du droit fiscal et du Code du travail en vigueur, le président ne peut les ratifier sans une loi.
C'est ce point qui avait suscité des questions en commission à l'Assemblée nationale, le 27 octobre. Les élus s'interrogeaient sur les conditions de mise en œuvre et sur l'effet de ces exemptions sur les finances publiques. Le ministre a répondu que ces avantages relevaient des règles habituelles des financements sous forme de don. Les comptes précis de ce que coûteront ces exemptions n'ont pas été publiés dans les documents consultés.
Ce nouveau programme succède à un premier compact bilatéral de 536 millions de dollars, signé en 2017 et dont la clôture officielle a été actée en septembre 2025. Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, avait cité parmi ses réalisations des routes, 40 collèges de proximité, des centres de formation technique et deux campus universitaires. Fidèle Sarassoro, président du conseil d'administration de MCA-Côte d'Ivoire, avait promis de tirer les leçons de cette première expérience et de rester attentif aux critères d'éligibilité de la MCC, en particulier la fiche d'évaluation (scorecard) sur laquelle l'agence juge les pays.
Devant les sénateurs, le ministre Adama Dosso a vu dans cet accord une marque de confiance envers la gouvernance ivoirienne, tout en rappelant que le financement américain est sélectif et soumis à des exigences strictes. Il a présenté le pays comme un futur pôle énergétique régional moderne.
Pour les ménages et les entreprises, l'enjeu est concret : un réseau mieux protégé et mieux piloté doit, sur le papier, limiter les délestages et les pannes. Pour l'État, c'est une source de devises supplémentaire si les exportations d'électricité progressent.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Économie
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