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ÉconomieUnion européenne

Face à la Chine, Ursula von der Leyen promet d'utiliser « tous les outils » pour rééquilibrer le commerce européen

Dans son discours annuel sur l'état de l'Union, mercredi à Strasbourg, la présidente de la Commission européenne a dénoncé un déficit commercial « insoutenable » avec Pékin et annoncé la création d'une structure destinée à sécuriser l'approvisionnement européen en matières premières critiques.

JGJunior Gnapié17 septembre 20263 min de lectureLu 3 foisÉconomie
Bâtiment du Parlement européen à Strasbourg
📷 Illustration : Bâtiment du Parlement européen à Strasbourg
Un milliard d'euros par jour. C'est, selon Ursula von der Leyen, l'ampleur du déficit commercial que l'Union européenne accumule face à la Chine - un chiffre qu'elle a qualifié d'« insoutenable » mercredi 16 septembre, devant les eurodéputés réunis à Strasbourg pour son discours annuel sur l'état de l'Union. « Nous voyons le monde avec les mêmes yeux », a-t-elle par ailleurs lancé à propos du Canada, dont le premier ministre Mark Carney assistait à l'exercice - une première pour un chef de gouvernement étranger.
Face à la Chine, la présidente de la Commission a promis d'utiliser « tous les outils » dont dispose l'Union pour rééquilibrer la relation commerciale. Elle a annoncé la création d'une nouvelle structure chargée de sécuriser les approvisionnements européens en matières premières critiques et de constituer des stocks stratégiques, avec un objectif affiché : réduire la dépendance de l'Union aux terres rares chinoises, essentielles à l'industrie technologique et à la transition énergétique.

Un rapprochement avec le Canada

L'autre annonce marquante du discours concerne le Canada. Ursula von der Leyen a proposé qu'Ottawa devienne le premier « membre associé » de l'Union européenne - un statut qui, selon Public Sénat, n'existe pour l'instant dans aucun traité européen. « Tout reste à inventer », a-t-elle reconnu, précisant qu'il ne s'agissait pas pour le Canada de rejoindre l'Union, mais de construire une nouvelle forme de partenariat. La proposition intervient alors que les relations entre Ottawa et Washington se sont tendues sous l'administration Trump, autour des droits de douane et de propos sur la souveraineté canadienne - un contexte qui pousse le Canada à diversifier ses alliances, au moment même où les relations entre Bruxelles et Washington se crispent, elles aussi, sur le commerce.
La présidente de la Commission a également évoqué la possibilité qu'Ottawa rejoigne, aux côtés du Royaume-Uni et de la Norvège, un futur « Conseil européen de sécurité », et proposé un « protocole de sécurité d'urgence » inspiré de l'article 4 du traité de l'Otan, pour permettre à l'Union de réagir plus vite aux crises, aux cyberattaques et aux survols de drones.

Climat, IA, réseaux sociaux

Le reste du discours a porté sur des enjeux plus intérieurs à l'Union. Confrontée à des vagues de chaleur et à des incendies d'ampleur exceptionnelle cet été - plus de 96 000 hectares brûlés en France depuis le début de l'année à la fin août, selon les chiffres européens de Copernicus cités par Public Sénat -, Ursula von der Leyen a promis un plan européen de préparation aux canicules et une nouvelle stratégie européenne de l'eau. Sur l'intelligence artificielle, elle a défendu l'AI Act tout en appelant les laboratoires les plus avancés à ralentir la course aux modèles les plus puissants, par crainte de capacités de piratage inédites. Elle a enfin proposé une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans, assortie de « mini-comptes » surveillés par les parents pour les 13-15 ans.
Ce discours, deuxième de son second mandat, reste pour l'instant une déclaration d'intention : chacune de ces annonces devra encore trouver une majorité au Parlement européen pour se traduire en texte de loi. Mais le ton adopté face à la Chine, et la volonté affichée de sécuriser l'accès aux matières premières critiques, confirment une tendance de fond : à mesure que les tensions commerciales entre grandes puissances s'installent, la question de qui contrôle les ressources stratégiques - et à quel prix - pèse un peu plus chaque année sur l'économie mondiale, bien au-delà des frontières de l'Union européenne.
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