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Monnaie unique ECO : la CEDEAO confirme l'échéance de 2027 et confie le pilotage du dossier à Alassane Ouattara

Réunis en sommet le 19 juillet à Freetown, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur engagement à lancer la monnaie unique ECO en 2027, selon une approche progressive réservée aux pays remplissant les critères de convergence. Fait notable pour Abidjan : le président ivoirien Alassane Ouattara, seul membre encore en fonction de la Task Force présidentielle constituée en 2013, se voit confier le pilotage politique du dossier.

JGJunior Gnapié28 juillet 20263 min de lectureÉconomie
Monnaie unique ECO : la CEDEAO confirme l'échéance de 2027
📷 Illustration : Monnaie unique ECO : la CEDEAO confirme l'échéance de 2027 © Abidjan4all

C'est un serpent de mer de l'intégration économique ouest-africaine qui a de nouveau été mis sur les rails. Réunis le dimanche 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, à l'occasion de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les dirigeants de la sous-région ont réaffirmé leur « ferme engagement » en faveur du lancement de la monnaie unique ECO en 2027, projet envisagé depuis plus de vingt ans et reporté à plusieurs reprises faute de convergence économique suffisante entre les États membres.

Selon le communiqué final du sommet, la Conférence a acté une approche progressive : le lancement de l'ECO débutera avec les pays qui remplissent les critères de convergence macroéconomique définis — un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB et une inflation annuelle maîtrisée figurant parmi les principaux indicateurs retenus — et qui sont prêts à y prendre part. Un appui spécifique sera apporté aux pays non encore prêts, afin de faciliter leur adhésion ultérieure à la monnaie commune. La Commission de la CEDEAO, dirigée par le Dr Omar Alieu Touray, a par ailleurs été chargée d'accélérer les préparatifs techniques et institutionnels, notamment la finalisation du régime de change, du cadre de politique monétaire et de la future Banque centrale fédérale ouest-africaine. Fait notable pour la Côte d'Ivoire : la Conférence a confié le pilotage politique de ce dossier stratégique au président Alassane Ouattara, désigné comme seul membre encore en fonction de la Task Force présidentielle sur le Programme de la monnaie unique de la CEDEAO, constituée en 2013 aux côtés des anciens présidents Issoufou Mahamadou du Niger et John Dramani Mahama du Ghana. La Commission de la CEDEAO a été instruite de convoquer une réunion de cette Task Force avant le sommet ordinaire de décembre 2026, en lien direct avec le chef de l'État ivoirien. Sur le plan symbolique, les dirigeants se sont également félicités de l'enregistrement officiel de la marque « ECO » auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), une démarche destinée à sécuriser juridiquement la dénomination de la future monnaie avant son extension à d'autres organismes internationaux compétents en matière de propriété intellectuelle. Autre décision du sommet : l'approbation de l'adhésion de la Guinée à la Task Force présidentielle dédiée à la monnaie unique, élargissant le cercle des pays directement associés au pilotage du projet. À terme, l'ECO doit remplacer les monnaies nationales des douze États membres de la CEDEAO, dont le naira nigérian et le cedi ghanéen, afin de réduire les coûts de conversion monétaire, de limiter les risques de change et de simplifier les paiements transfrontaliers — autant de freins identifiés au développement du commerce intrarégional. Le sommet de Freetown n'a toutefois apporté aucune précision sur la situation particulière du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont quitté la CEDEAO ces dernières années tout en demeurant membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et utilisateurs du franc CFA. Les conclusions du sommet insistent enfin sur la nécessité d'un important travail de communication auprès des opérateurs économiques et des populations de la sous-région, afin de préparer la transition et de renforcer l'acceptabilité de la future monnaie dans un espace où coexistent aujourd'hui plusieurs régimes de change et monnaies nationales. Un chantier de longue haleine, pour un projet dont l'échéance a déjà été repoussée à de multiples reprises depuis sa conception initiale, à la fin des années 2000.

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