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Moscou : les pays exportateurs de gaz adoptent une déclaration finale, avec l'Iran et le Qatar autour de Poutine

Réunis mardi 27 octobre à Moscou pour le 8e sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), les dirigeants de plusieurs pays membres ont adopté une « Déclaration de Moscou ». Vladimir Poutine y a plaidé pour davantage de coordination entre producteurs, tandis que le président iranien dénonçait les sanctions américaines. Le texte reste général sur les mesures concrètes.

JGJunior Gnapié28 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 6 foisÉconomie
Moscou, les pays exportateurs de gaz adoptent une déclaration finale
📷 Illustration : Moscou, les pays exportateurs de gaz adoptent une déclaration finale © aps.dz
Le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) a tenu mardi 27 octobre 2026 à Moscou le huitième sommet de ses chefs d'État et de gouvernement, à l'occasion de ses 25 ans. La rencontre, présidée par Vladimir Poutine, s'est conclue par l'adoption d'une « Déclaration de Moscou », selon les informations publiées par la présidence russe et relayées par plusieurs médias.
Le Kremlin a dressé la liste des participants. Parmi les chefs de délégation des membres figuraient le président iranien Masoud Pezeshkian, l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani, le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Al Menfi, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb, ainsi que des ministres de l'Énergie, dont le Nigérian Ekperikpe Ekpo et l'Égyptien Karim Badawi. Le Venezuela était représenté par Calixto Ortega Sánchez au Kremlin, et selon un média égyptien, la présidente par intérim Delcy Rodríguez est intervenue par vidéo.
Des observateurs africains étaient aussi présents : le président mozambicain Daniel Chapo, l'Angolais Diamantino Azevedo et le Sénégalais Abdourahmane Diouf. L'Afrique du Sud, représentée par Phindile Baleni, figurait parmi les invités. Le GECF compte douze membres à part entière, dont cinq pays africains : l'Algérie, l'Égypte, la Guinée équatoriale, la Libye et le Nigeria.
Dans son discours, le président russe a avancé que les membres du forum détiennent environ 70 % des réserves mondiales de gaz naturel et près de 40 % des exportations. Il a rappelé que le gaz représente un quart du bilan énergétique mondial, que sa consommation a progressé de 1,2 % l'an dernier pour atteindre 4,2 billions de mètres cubes, et que la demande pourrait atteindre 5,5 billions de mètres cubes par an vers le milieu du siècle. Le gaz naturel liquéfié (GNL) représente selon lui environ la moitié des échanges mondiaux.
Il a formulé trois propositions : élargir les consultations du forum sur les crises du marché, y compris sur les menaces physiques visant les infrastructures, avec l'OPEP+ comme modèle de coordination ; encourager les investissements de long terme, « adossés principalement à des contrats de long terme » ; et renforcer la coopération technologique, notamment dans le GNL, l'Arctique et la modélisation numérique des gisements.
M. Poutine a aussi critiqué l'Union européenne, à qui il reproche d'avoir rompu avec les approvisionnements russes, en citant un proverbe : « Faites attention à la profondeur du trou que vous creusez, vous pourriez y tomber. » Il a affirmé que des gazoducs russes vers l'Europe avaient été la cible d'actes de terrorisme et que certains États imposaient des restrictions sur les équipements et technologies. Ces affirmations sont celles du président russe et n'ont pas été vérifiées de manière indépendante dans les sources consultées.
Selon Al Jazeera, M. Pezeshkian a déclaré que le Moyen-Orient est « capable de résoudre ses problèmes » sans l'implication des États-Unis. D'après un autre média, il a dénoncé les sanctions unilatérales, qualifiées de « terrorisme économique », et affirmé que l'Iran dispose d'une capacité de production de gaz d'environ 280 milliards de mètres cubes par an, tout en se disant prêt à approfondir les investissements et les échanges avec les membres du forum. Ces propos s'inscrivent dans le contexte du conflit entre Washington et Téhéran. Le ministre russe de l'Énergie, Sergueï Tsivilev, a de son côté estimé que la crise du détroit d'Ormuz a touché environ 20 % des approvisionnements mondiaux de GNL.
La Déclaration de Moscou évoque, selon les médias consultés, l'élargissement de la coopération pour diversifier les routes commerciales, l'adoption de technologies modernes, la réduction de l'impact environnemental et la recherche de prix plus équitables et prévisibles, avec une moindre volatilité. Elle présente les membres comme des fournisseurs fiables. Les articles consultés relèvent toutefois que le document ne détaille ni mesure précise face aux ruptures d'approvisionnement, ni mécanisme sur les prix. La mise en œuvre est renvoyée à de futures discussions entre gouvernements et responsables de l'énergie. Aucun accord bilatéral ou multilatéral précis n'a été rapporté.
Les chiffres de poids du forum varient selon les sources, car ils ne mesurent pas la même chose : environ 40 % des exportations mondiales selon M. Poutine, 42 % des exportations et 38 % de la production selon un autre compte rendu s'appuyant sur le ministère russe des Affaires étrangères.
Pour le Nigeria, l'Algérie, la Libye, l'Égypte ou la Guinée équatoriale, le GECF est un cadre d'échange avec d'autres exportateurs dans un marché bouleversé par la guerre et les tensions sur le détroit d'Ormuz. La présence de pays observateurs comme le Mozambique, l'Angola et le Sénégal, qui développent leurs projets gaziers, montre l'intérêt croissant des producteurs du continent pour ce type de concertation. Pour la Côte d'Ivoire, qui exploite des champs offshore et mise sur le gaz pour sa production d'électricité, l'évolution des prix mondiaux reste un élément à suivre, même si le pays n'est pas membre du forum.
Le GECF n'est cependant pas un cartel comparable à l'OPEP : il ne fixe pas de quotas. Et le sommet se tenait à Moscou, dont l'accueil est aussi un signal diplomatique à l'heure où la Russie cherche des partenaires face aux sanctions occidentales. Les prochaines étapes dépendront de la traduction concrète du texte adopté.
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