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Souveraineté alimentaire : la Côte d'Ivoire veut couvrir 75 % de ses besoins en protéines animales d'ici 2030

Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a présenté le 26 octobre l'ambition de faire passer le taux de couverture des besoins nationaux de 36 % à 75 % en 2030. Près de 2 000 milliards de FCFA doivent être mobilisés, dont 80 % par le secteur privé.

AKAya Kouadio27 octobre 2026⏱ 3 min de lectureÉconomie
la Côte d'Ivoire veut couvrir 75 % de ses besoins en protéines animales d'ici 2030
📷 Illustration : La Côte d'Ivoire veut couvrir 75 % de ses besoins en protéines animales d'ici 2030 © Abidjan4all
La Côte d'Ivoire importe encore l'essentiel du poisson et une bonne partie de la viande et du lait qu'elle consomme. Lundi 26 octobre, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a fixé un cap : porter le taux de couverture des besoins nationaux en protéines animales de 36 % à 75 % d'ici à 2030.

Près de 2 000 milliards de FCFA à mobiliser

Pour y parvenir, le gouvernement table sur près de 2 000 milliards de FCFA d'ici à 2030. Cet effort s'inscrit dans la seconde génération de la Politique nationale de développement de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture (PONADEPA 2026-2030). Le secteur privé est appelé à fournir environ 80 % du financement, ce qui fait de la capacité à attirer des investisseurs la condition centrale de réussite.
« La souveraineté est un impératif », a insisté le ministre. L'économie bleue constitue le deuxième levier de la stratégie : il s'agit de valoriser l'ensemble de la filière, « depuis la pêche jusqu'à l'assiette ».
C'est sur les produits halieutiques que l'écart est le plus important. La production nationale de poisson ne couvre que 12 % des besoins du pays. Ce chiffre est cohérent avec les données présentées en juillet, lors du groupe consultatif sur le Plan national de développement (PND) 2026-2030 : selon Abidjan.net, les couvertures de 2024 étaient de 49 % pour la viande et les abats, 15 % pour le lait et les produits laitiers, et 12 % pour les produits de la pêche.
La facture est à la mesure de cette dépendance. Le même compte rendu de juillet évoque environ 782 milliards de FCFA d'importations par an pour le secteur. Il rappelle aussi que le pays dispose de 566 kilomètres de côtes, d'une zone économique exclusive de 200 000 km² et de près de 11 millions d'hectares de pâturages exploitables.

Les chantiers annoncés

Lors de cette même réunion de juillet, le ministre avait détaillé plusieurs réformes : la mise en service du Fonds de promotion des productions animales et halieutiques, l'ouverture de 14 zones de développement de l'économie animale et de l'économie bleue, la création d'un guichet unique pour les investisseurs et un système national d'identification et de traçabilité numérique du bétail. Onze centres d'application et de spécialisation doivent par ailleurs être consolidés pour la formation et l'appui aux producteurs.
Parmi les segments jugés porteurs figurent l'aviculture, décrite comme le marché le plus dynamique, et l'aquaculture, attendue en forte croissance avec l'élevage intensif de tilapia, de silure et d'espèces marines. La modernisation de la pêche, les débarcadères, la transformation et la fabrication d'aliments pour animaux sont aussi cités.
Les objectifs affichés à l'horizon 2030 sont ambitieux : 1,5 million d'emplois supplémentaires et une part du secteur dans le PIB agricole portée de 8,3 % à 16 %. Selon les autorités, le marché ivoirien de 32 millions d'habitants s'adosse à un espace sous-régional de plus de 141 millions de consommateurs.

Un enjeu de prix pour les ménages

Ces annonces tombent alors que le prix du poisson a nourri la colère de vendeuses à Abobo et à Daloa ces dernières semaines, et qu'un accord provisoire a ramené le carton de 20 kg de chinchard de 33 000 à 30 500 FCFA. Le lien entre ces tensions et la stratégie de 2030 n'a pas été établi par le ministre, mais il illustre ce que la dépendance aux importations coûte aux consommateurs.
Passer de 36 % à 75 % en quatre ans suppose de plus que doubler la production, dans des filières où les investissements sont lents à porter leurs fruits. Les sources consultées ne détaillent pas de calendrier annuel, ni la répartition des 2 000 milliards entre élevage, pêche et aquaculture, ni la part de financement public. Ces éléments seront déterminants pour mesurer, dans les prochaines années, si l'objectif affiché se traduit dans les assiettes et dans les prix.
AKAya Kouadio — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Économie
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