Une étude de marché doit trancher en octobre. Mais le principe est sur la table : le groupe chinois Xinyi Glass envisage d'investir 150 millions de dollars en Côte d'Ivoire pour y construire une unité de production de pare-brise et de miroirs automobiles, une première à l'échelle du continent africain si le projet se concrétise, selon Koaci.
L'annonce est sortie d'une mission du Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI) à Shanghai, en marge du salon Intertextile Shanghai 2026. Conduite par la directrice générale du CEPICI, Solange Amichia, la délégation ivoirienne s'appuyait sur l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en Chine, Abou Dosso, et sur des responsables du Conseil du coton, de l'anacarde et du karité (CCA-K).
Le textile en vitrine, l'industrie en embuscade
Officiellement, la mission défendait le potentiel textile ivoirien : dépasser la simple production de coton pour construire une chaîne de valeur complète, de la filature à la confection, avec en ligne de mire les standards internationaux de traçabilité et de réduction de l'empreinte carbone. Mais c'est un projet industriel sans lien avec le coton, le verre automobile, qui ressort comme le résultat le plus concret de ce déplacement.
Avant toute décision, l'accès à l'énergie et au gaz devra être évalué, tout comme les facilités que l'État ivoirien et le CEPICI seraient prêts à offrir. La Société pour le développement minier de la Côte d'Ivoire (SODEMI) pourrait, de son côté, contribuer à identifier les ressources minières locales nécessaires à la production, la silice et la dolomite en tête, des matières premières du verre.
D'autres pistes chinoises et un forum en novembre
La délégation ivoirienne a aussi rencontré le groupe QIYIA, qui a confirmé son intérêt pour les mines, la transformation, la sidérurgie et l'industrie lourde en Côte d'Ivoire, et donné un accord de principe pour sponsoriser le SIREXE. Des entreprises malaisiennes et italiennes ont par ailleurs été approchées sur le textile et le transfert de technologies.
Le CEPICI a profité d'une table ronde à l'hôtel Cordis de Shanghai pour présenter les secteurs prioritaires du Plan national de développement 2026-2030 à la communauté d'affaires chinoise : agroalimentaire, matériaux de construction, transport, textile. Un Forum économique Côte d'Ivoire-Chine doit se tenir en novembre à Abidjan, où plusieurs investisseurs rencontrés à Shanghai ont déjà annoncé leur intention de se rendre.
Pour l'institution ivoirienne, cette mission marque, selon ses propres termes rapportés par Koaci, un changement d'approche : ne plus se contenter de vanter la destination Côte d'Ivoire, mais convertir l'intérêt manifesté en projets réellement financés. Un objectif qui reste, à ce stade, entièrement conditionné à une étude de marché dont personne ne connaît encore les conclusions. Les organisateurs d'Intertextile Shanghai ont, de leur côté, promis de transmettre au CEPICI la base de données des investisseurs présents au salon, de quoi poursuivre les démarches engagées bien après le retour de la délégation à Abidjan.
Le projet Xinyi Glass illustre en tout cas ce que la Côte d'Ivoire cherche à vendre depuis quelques années à ses partenaires asiatiques : transformer localement ce qu'elle produit ou ce qu'elle importe, plutôt que d'exporter des matières premières brutes. Reste à savoir si l'énergie disponible à Abidjan, l'un des points que l'étude de marché doit justement trancher, suivra l'ambition affichée.
Cette annonce repose sur un seul article de presse parmi ceux consultés, Koaci, qui reprend la communication de la mission du CEPICI. Aucune déclaration indépendante de Xinyi Glass ni du gouvernement chinois n'a pu être recoupée ici.







