La rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 14 septembre, approche et le secteur privé laïc hausse le ton. Dans une déclaration officielle relayée début septembre, la Fédération nationale des établissements privés laïcs d'enseignement et de formation de Côte d'Ivoire (FENEPLACI) appelle à une concertation renforcée avec l'État, afin de trouver des réponses durables aux difficultés qui affectent ses établissements membres.
Des charges qui ont grimpé plus vite que les subventions
Tout en réaffirmant son engagement aux côtés de l'État dans la mise en œuvre de la politique éducative nationale, la fédération estime que les conditions économiques actuelles imposent une nouvelle réflexion sur le financement des établissements privés. Selon elle, les montants de prise en charge des élèves affectés par l'État ne correspondent plus aux charges réellement supportées par les promoteurs d'écoles.
La FENEPLACI met en avant l'augmentation des dépenses liées aux salaires, aux loyers, à la sécurité et à la modernisation des établissements. L'intégration croissante du numérique dans l'enseignement, ajoute-t-elle, nécessite elle aussi des investissements supplémentaires, tant dans les équipements que dans la formation du personnel.
Un contentieux financier plus ancien
Cette alerte de rentrée s'inscrit dans un différend plus ancien entre la fédération et l'État. En décembre 2025, la FENEPLACI avait déjà publiquement réclamé le paiement d'arriérés de frais de scolarité qu'elle évaluait alors à 120 milliards de FCFA, une dette qu'elle jugeait de nature à menacer la survie de nombreux établissements. Le président fédéral de l'époque, Ibrahim Karamoko, avait alors mandaté le Bureau fédéral pour élaborer un plan d'action, sans exclure d'autres mesures en l'absence de réponse des autorités.
La déclaration de septembre 2026 ne reprend pas explicitement ce chiffre de 120 milliards, mais s'inscrit dans la continuité de cette relation tendue entre la fédération et l'État sur la question du financement.
Une rentrée sous surveillance
Sur le terrain, la question des frais facturés aux familles reste également sensible : lors des rentrées précédentes, des parents d'élèves orientés dans le privé avaient dénoncé des frais d'inscription pouvant atteindre 75 000 FCFA selon les établissements, sans harmonisation apparente. Le ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique a, de son côté, fixé à 3 000 FCFA les frais d'inscription en ligne obligatoires pour le secteur privé, contre 6 000 FCFA dans le public, une opération distincte de l'écolage proprement dit facturé par chaque établissement.
Reste à savoir si la concertation demandée par la FENEPLACI aboutira avant la reprise des cours du 14 septembre, ou si le sujet des arriérés continuera, comme les années précédentes, de peser sur le climat de rentrée dans les établissements privés laïcs du pays.







