Il était environ deux heures du matin, ce dimanche 6 septembre, quand les flammes se sont déclarées au dépôt 5 de la Sotra, dans la commune de Koumassi. Selon le communiqué transmis par la direction de la communication de l'entreprise, le feu aurait pris naissance sur un autobus immobilisé pour des travaux de maintenance, avant de gagner en quelques minutes les véhicules garés à proximité. Le temps que les agents présents sur le site donnent l'alerte et engagent les premières mesures de sécurité, le sinistre avait déjà pris de l'ampleur.
Le bilan communiqué le jour même par la Sotra fait état de 55 autobus endommagés, dont 40 entièrement calcinés. L'entreprise publique insiste sur un point : aucune perte en vie humaine n'est à déplorer. Une enquête a été ouverte en lien avec les services compétents pour établir l'origine exacte du sinistre et déterminer d'éventuelles responsabilités. Pour l'heure, rien n'indique s'il s'agit d'un défaut technique, d'un accident lié aux opérations de maintenance en cours, ou d'une autre cause.
« « Le bilan provisoire fait état de 55 autobus endommagés, dont 40 entièrement calcinés. Cet incendie n'a occasionné aucune perte en vie humaine », a fait savoir la direction générale de la Sotra dans son communiqué. »
— Communique de la direction générale de la Sotra
Ce nouvel épisode s'inscrit dans une série qui commence à interroger sérieusement sur l'état de sécurité des installations de l'entreprise publique. En octobre 2025, treize bus avaient déjà été calcinés dans un précédent incendie survenu dans un dépôt de Koumassi. Un mois plus tard, en novembre, dix-neuf autres véhicules étaient détruits au dépôt 9 d'Abobo. Plus loin dans le temps, une dizaine d'autobus avaient brûlé aux ateliers centraux de Koumassi en 2013. La différence avec les grandes vagues de destructions observées lors des crises politiques de 2010-2011 et de 2020, c'est que ces sinistres récents surviennent à l'intérieur même des dépôts, en dehors de tout contexte de troubles.
La question du calendrier n'échappe à personne. À quelques jours seulement de la rentrée scolaire, la perte de quarante bus n'est pas un détail comptable pour les milliers d'élèves, d'étudiants et de travailleurs qui dépendent chaque matin du réseau Sotra pour rallier leur établissement ou leur lieu de travail. La direction n'a pas encore précisé si des mesures de compensation ou de renfort de la flotte seront mises en place pour absorber ce choc avant la reprise des cours.
La Sotra, de son côté, cherche à rassurer sur sa capacité à maintenir la continuité du service. L'entreprise rappelle que la sécurité de son personnel, de sa clientèle et de son patrimoine demeure une priorité, tout en reconnaissant implicitement, par la multiplication de ces sinistres, que des failles subsistent dans la protection de ses infrastructures. Les résultats de l'enquête ouverte après l'incendie de Koumassi seront scrutés de près, tant par les usagers que par les autorités de tutelle, qui devront tirer les conséquences d'une accumulation de sinistres difficile à mettre uniquement sur le compte du hasard.







