Vingt jeunes filles ivoiriennes ont été sélectionnées pour rejoindre, dès cette rentrée, des établissements marocains de formation aux métiers de l'aviation civile, dans le cadre de la bourse d'excellence portant le nom de la Première dame, Dominique Ouattara. Une cinquième promotion depuis le lancement du programme, qui s'inscrit dans la durée : les lauréates s'engagent pour cinq années d'études, entre pilotage, maintenance aéronautique et navigation.
Le choix du Maroc n'a rien d'anodin. Le royaume chérifien a développé, depuis une dizaine d'années, un pôle de formation aéronautique reconnu à l'échelle du continent, avec des écoles capables d'accueillir des étudiants étrangers dans des filières que la Côte d'Ivoire ne propose pas encore, ou trop peu, sur son propre sol.
Une filière encore très masculine
Le secteur aérien reste l'un des plus fermés aux femmes, en Côte d'Ivoire comme ailleurs sur le continent. Pilotes, techniciens de maintenance, contrôleurs aériens : dans la plupart des compagnies et des aéroports africains, les femmes occupent surtout des postes commerciaux ou d'accueil, rarement des postes techniques ou opérationnels. C'est ce déséquilibre que la bourse « Dominique Ouattara » entend corriger, poste après poste, promotion après promotion.
« « Cette belle initiative ouvre une nouvelle voie vers une meilleure représentativité des jeunes filles dans les métiers de l'aviation civile », a déclaré la Première dame lors de la cérémonie de sélection, selon des propos rapportés par la presse ivoirienne. »
Le programme est financé sur fonds publics, en partenariat avec la Société d'exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (Sodexam), et suivi de près par les autorités de l'aviation civile ivoirienne. Les précédentes promotions, plus restreintes, avaient déjà permis à une dizaine de jeunes filles de partir se former au Maroc à partir de 2024.
Un investissement à long terme
Cinq ans, c'est long, pour une bourse d'État. Mais c'est aussi le temps qu'il faut pour former un personnel aéronautique qualifié, dans un pays où le trafic aérien redémarre et où la compagnie nationale, Air Côte d'Ivoire, cherche à étoffer ses équipages et ses équipes techniques face à une concurrence régionale de plus en plus vive.
Les autorités misent sur un effet d'entraînement : en donnant à voir des femmes ivoiriennes dans le cockpit ou sur le tarmac, elles espèrent aussi convaincre d'autres jeunes filles, encore hésitantes, que ces carrières leur sont accessibles. Le pari reste à confirmer sur la durée, une fois ces vingt lauréates rentrées au pays, diplômées, et confrontées à la réalité du marché de l'emploi aéronautique ivoirien.
En attendant, les vingt sélectionnées de cette année s'apprêtent à boucler leurs valises pour Casablanca ou Rabat, avec dans les mains un dossier scolaire qui a fait la différence et, désormais, une responsabilité qu'elles n'ont pas forcément mesurée en postulant : celle d'ouvrir la voie à d'autres.







