Commerce, investissements, énergie nucléaire civile, systèmes de paiement indépendants, sécurité alimentaire, numérisation. Voici, selon l'ambassadeur russe en Côte d'Ivoire Alexey Saltykov, l'ordre du jour du 3e Sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou. Le diplomate s'exprimait le 20 août lors d'un point de presse à son siège d'Abidjan, devant des membres de l'Organisation unie des reporters amis de la Russie (OURA) et de l'Association des Ivoiriens formés en Union soviétique et Fédération de Russie (AIFRUS), selon l'AIP.
« L'ordre du jour se concentrera sur le commerce, les investissements et la coopération économique. L'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, les systèmes de paiement indépendants, la sécurité alimentaire, la numérisation et l'intelligence artificielle figurent parmi nos priorités », a précisé Alexey Saltykov. Le 28 octobre doit s'ouvrir par un forum économique et humanitaire suivi d'un dîner de gala offert au Kremlin par Vladimir Poutine ; le 29, une séance plénière sera coprésidée par la Russie et le Burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine, avant l'adoption d'un plan d'action 2027-2029.
Un système douanier mal exploité
L'ambassadeur a aussi vanté les retombées du précédent sommet, tenu à Saint-Pétersbourg en 2023 : un système de préférences tarifaires de l'Union économique eurasienne qui exonère totalement de droits de douane 32 pays africains parmi les moins avancés, et réduit ceux de 15 autres pays de 25%. Un avantage que de nombreux opérateurs africains n'exploitent toutefois pas pleinement, a-t-il regretté, faute de présenter leur certificat d'origine au moment du dédouanement.
Sur le volet académique, le Dr Jean Joël Grah, de l'AIFRUS, a fait état d'un réseau de plus de mille anciens étudiants ivoiriens formés en Russie, dont 400 membres actifs, et de plus de 3 000 étudiants ivoiriens actuellement inscrits dans une vingtaine de villes russes. « La méconnaissance suscite parfois des appréhensions, mais la Russie accueille les étudiants africains sur tout son territoire », a-t-il assuré, selon l'AIP.
Un mémorandum en préparation avec la CEDEAO
Le même mois, à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevait son homologue ghanéen Samuel Okudzeto Ablakwa. Selon Afriksoir, Lavrov y a évoqué la préparation d'un mémorandum de coopération sécuritaire entre la Russie et la CEDEAO, sans date de signature ni détail sur son contenu. « Nous sommes prêts à contribuer à l'amélioration des relations entre la CEDEAO et l'AES », aurait indiqué Moscou, selon les éléments rapportés par le site.
L'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a quitté la CEDEAO en janvier 2025 après des années de tensions. En se positionnant comme intermédiaire entre les deux blocs, la Russie cherche à élargir son influence au-delà de ses partenaires sahéliens traditionnels, sur une région où les groupes armés restent une menace sécuritaire majeure.
Ces deux annonces datent de la fin du mois d'août et ne concernent donc pas l'actualité du jour. Elles reposent chacune sur une source unique parmi celles consultées, l'AIP pour les propos de l'ambassadeur Saltykov à Abidjan, Afriksoir pour l'annonce du mémorandum CEDEAO, et n'ont pas pu être recoupées auprès d'une troisième source ni confirmées par la CEDEAO elle-même.







