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Californie : Gavin Newsom commue les peines des 548 condamnés à mort, une première à cette échelle aux États-Unis

Le gouverneur de Californie a annoncé jeudi 5 novembre la commutation des condamnations à mort des 548 détenus de l'État en peines de perpétuité sans libération conditionnelle. Selon le Death Penalty Information Center, c'est la plus vaste grâce collective de l'histoire américaine. Environ deux tiers des dossiers doivent encore passer devant la Cour suprême de l'État.

JGJunior Gnapié6 novembre 2026⏱ 3 min de lectureLu 1 foisPolitique
Californie, Gavin Newsom commue les peines des 548 condamnés à mort
📷 Illustration : Californie, Gavin Newsom commue les peines des 548 condamnés à mort © Watson
Le couloir de la mort de la Californie, le plus peuplé des États-Unis, vient d'être vidé par décision d'un seul homme. Jeudi 5 novembre 2026, le gouverneur démocrate Gavin Newsom a commué les condamnations à mort des 548 personnes détenues dans l'État. Elles purgeront des peines de réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, précisent Al Jazeera et le Death Penalty Information Center (DPIC).

Une décision sans précédent par son ampleur

D'après le DPIC, il s'agit de la plus grande grâce collective de l'histoire des États-Unis. L'organisation compte environ 1 388 personnes encore condamnées à mort dans le pays, le niveau le plus bas depuis 1984, et estime que la mesure réduit d'environ 30 % la population des couloirs de la mort américains. CalMatters avance, de son côté, que la Californie abritait plus d'un quart des condamnés du pays.
Des gouverneurs avaient déjà gracié tous les condamnés de leur État, mais le DPIC recense seulement sept cas de ce type depuis le rétablissement de la peine capitale, aucun de cette taille.
Dans une lettre ouverte aux Californiens, Gavin Newsom écrit : « Je prends cette décision parce que je crois fermement que la mise à mort par l'État est incompatible avec les valeurs de la Californie » (traduction de l'anglais). Il avait déjà instauré un moratoire sur les exécutions en 2019. La dernière exécution dans l'État remonte à 2006, soit vingt ans.

Des chiffres qui pèsent dans le débat

Le DPIC affirme que la Californie a dépensé environ 6 milliards de dollars pour sa peine de mort depuis 1978, pour 13 exécutions. Le comté de Los Angeles a envoyé 319 personnes dans le couloir de la mort, dont environ 174 y étaient encore. Avec San Bernardino et Riverside, trois comtés concentrent la moitié des condamnés.
L'organisation signale aussi que huit personnes ont été innocentées dans l'État, toutes issues de minorités, et que, selon un rapport de mai 2026 du Habeas Corpus Resource Center, 70 % des condamnés attendent toujours qu'on leur désigne un avocat pour leur appel. Ces éléments émanent d'une organisation hostile à la peine capitale et doivent être lus comme tels.

Deux tiers des dossiers encore à valider

La grâce ne s'applique pas immédiatement à tout le monde. Elle est effective pour environ un tiers des condamnés. Les deux autres tiers, qui ont plusieurs condamnations pour crimes graves, doivent être examinés par la Cour suprême de Californie avant que la commutation devienne définitive. CalMatters indique qu'il faut l'accord de quatre des sept juges. Aucun calendrier de cet examen n'a été communiqué, et l'on ne sait pas combien de dossiers exactement sont concernés.
Les personnes graciées ne pourront pas bénéficier des nouvelles règles de la commission des libérations conditionnelles sur la commutation et la révision de peine, d'après CalMatters, dont le passage sur ce point est incomplet.

Des réactions tranchées

Les défenseurs de l'abolition saluent un tournant. Robin Maher, directrice exécutive du DPIC, parle d'un « moment décisif » dans l'histoire de la peine de mort aux États-Unis.
Côté opposé, Topo Padilla, président de Crime Victims United, estime qu'aucune personne ne devrait pouvoir annuler une peine décidée par un jury et confirmée par un juge en raison de ses convictions personnelles. Groupes de victimes et procureurs dénoncent une décision contraire aux verdicts et à la volonté des électeurs.
Un sondage Pew cité par Al Jazeera montre une opinion partagée : 66 % des Américains soutiennent la peine de mort, mais 73 % reconnaissent le risque d'exécuter un innocent.

Un contexte politique chargé

Le geste intervient à deux mois du départ de Gavin Newsom, dont le second mandat s'achève en janvier. Son successeur, le démocrate Xavier Becerra, doit prendre ses fonctions le 4 janvier. Le gouverneur sortant est considéré comme un possible candidat à la présidentielle de 2028. Il se heurte à une administration fédérale qui a annoncé en avril vouloir développer les exécutions fédérales, y compris par peloton d'exécution.
La suite se jouera devant la Cour suprême de Californie, et peut-être devant d'autres juridictions si des recours sont déposés. C'est là que se mesurera la portée réelle de la décision.
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