Donald Trump a atterri samedi matin à Dublin après avoir décollé la veille au soir de Joint Base Andrews, près de Washington. Sur place, le programme est chargé malgré la durée réduite du séjour : une visite de courtoisie à la présidente irlandaise Catherine Connolly à sa résidence officielle d'Áras an Uachtaráin, un entretien bilatéral d'environ une heure avec le Taoiseach (Premier ministre) Micheál Martin à Farmleigh House, puis un discours devant un public trié sur le volet à la résidence de l'ambassadeur américain. Le tout avant de filer vers son propre club de golf, le Trump International Golf Links de Doonbeg, dans le comté de Clare, où se joue ce week-end l'Irish Open.
« Notre relation avec l'Irlande n'a jamais été aussi bonne », a lancé le président américain à l'issue de sa rencontre avec Micheál Martin, évoquant « un grand partenariat » entre les deux pays. Une ambiance nettement plus tendue planait toutefois autour de son entretien avec la présidente Connolly, figure de la gauche irlandaise et militante pro-palestinienne de longue date, qui avait par le passé qualifié Trump de « tyran misogyne » et s'était opposée à sa venue en 2019.
Une sortie inattendue sur l'unité irlandaise
C'est pourtant une tout autre déclaration qui a retenu l'attention samedi. Interrogé sur la question de la réunification de l'Irlande, Donald Trump a affirmé qu'il « adorerait la voir unifiée », ajoutant que cela « arrivera de toute façon un jour » et qu'« autant que ce soit maintenant ». Une prise de position rare pour un président américain sur un dossier aussi sensible pour Londres, qui n'a pas manqué de faire réagir outre-Manche.
Le président américain s'est aussi exprimé, dans un style plus décousu, sur le conflit entre les Houthis et les intérêts occidentaux en mer Rouge, affirmant que le groupe yéménite l'aurait contacté pour lui dire qu'il ne « voulait pas se battre » contre Washington. Il est également revenu sur la fermeture, ce week-end, d'un oléoduc saoudien après des frappes de drones tirées depuis l'Irak, estimant que l'Iran en était « probablement » responsable. Sur le conflit avec Téhéran lui-même, déclenché fin février, il a promis qu'il « se terminera très bientôt », évoquant une issue possible après les élections de mi-mandat américaines de novembre.
Manifestations et sécurité renforcée
À Doonbeg, plusieurs dizaines de manifestants s'étaient rassemblés dès samedi matin près du club appartenant à Trump. L'humoriste Rosie O'Donnell, installée en Irlande depuis la réélection du président américain, devait mener une autre manifestation dans l'après-midi sur O'Connell Street, à Dublin. Les autorités irlandaises, qui préparent ce déplacement depuis des mois, ont mis en place l'un des dispositifs de sécurité les plus lourds de l'histoire du pays, avec fermetures de routes et présence policière renforcée jusque dans le comté de Clare.
Trump doit rester en Irlande jusqu'à dimanche soir, où il remettra lui-même le trophée du vainqueur de l'Irish Open. Une manière, pour le président américain, de refermer un séjour qui aura mêlé sans grande transition les dossiers diplomatiques les plus sensibles et sa passion assumée pour le golf.







