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États-Unis : la guerre en Iran a déjà coûté 47,1 milliards de dollars, à cinq jours des élections de mi-mandat

Selon des documents du Pentagone transmis au Congrès, le conflit contre l'Iran représentait 47,1 milliards de dollars de dépenses au 16 octobre, dont près de 29 milliards de munitions. Le chiffre tombe alors que les Américains votent le 3 novembre pour renouveler le Congrès, dans un contexte de hausse des prix des carburants.

JGJunior Gnapié30 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 2 foisPolitique
États-Unis, la guerre en Iran a déjà coûté 47,1 milliards de dollars
📷 Illustration : États-Unis : la guerre en Iran a déjà coûté 47,1 milliards de dollars © Abidjan4all
Le coût de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran atteignait au moins 47,1 milliards de dollars au 16 octobre, selon des estimations du Pentagone communiquées la semaine précédente aux commissions de la défense du Congrès. Le chiffre, révélé par le New York Times le 28 octobre et repris par Al Jazeera le lendemain, circule à cinq jours des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Où va l'argent

D'après le quotidien new-yorkais, qui s'appuie sur des documents non classifiés et sur un responsable du Congrès resté anonyme, les munitions représentent plus de 60 % de la facture. Environ 29 milliards de dollars de bombes et de missiles ont été consommés depuis le début des hostilités, le 28 février.
Le reste se répartit entre plusieurs postes. L'armée de l'air pèse 7,6 milliards de dollars, pour l'activité de dizaines d'escadrons de chasseurs et de bombardiers. La marine en compte 1,5 milliard, avec plus de deux douzaines de navires de guerre déployés, dont plusieurs porte-avions. L'armée de terre figure pour 2,1 milliards. Le remplacement d'avions et d'équipements détruits ou endommagés coûte 6,1 milliards, les forces spéciales 645 millions, le transport 92,2 millions, le soutien médical sur le territoire américain 24,5 millions et les cyberopérations 14 millions.
Ce total est un plancher. Il n'inclut pas environ 1,5 milliard de dollars de carburant et d'autres frais, demandés dans une rallonge budgétaire. Il ne tient pas non plus compte de la réparation ou du remplacement d'installations militaires endommagées, comme la base navale de Manama, à Bahreïn. Des élus estiment que cette seconde facture pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards. L'administration réclame par ailleurs jusqu'à 70 milliards de dollars de dépenses militaires d'urgence.

Une facture qui a plus que doublé en six mois

Les estimations officielles n'ont cessé de monter. Fin avril, le contrôleur du Pentagone évoquait 25 milliards de dollars. Le chiffre était de 29 milliards en mai, puis de 37,5 milliards en juillet, selon le ministre de la Défense Pete Hegseth, et de 38 milliards en septembre d'après le Bureau budgétaire du Congrès (CBO). Ce dernier estime que le conflit continue de coûter entre 2 et 3 milliards de dollars par mois.
Le New York Times note que 3,5 milliards de dollars supplémentaires ont été dépensés en six semaines, bien que Donald Trump ait décidé de ne pas relancer d'opérations de combat majeures, « au moins pour l'instant ». Le Pentagone assure avoir engagé 97,5 % des fonds prévus par la loi budgétaire du président. L'inspecteur général du département de la Défense signale pour sa part des « insuffisances stratégiques de stocks », alors que le président avait affirmé à l'ONU en septembre disposer de « plus de munitions qu'on ne pourrait jamais imaginer en utiliser ».

Un bilan humain contesté

Plus de 50 000 militaires américains sont affectés à la mission, selon le commandement central (CENTCOM). Le Pentagone reconnaît 18 morts et plus de 860 blessés. Le Washington Post, cité par Al Jazeera et s'appuyant sur six responsables sous couvert d'anonymat, avance au moins 22 morts. L'écart n'est pas expliqué dans les textes consultés.

Carburant, dette et sondages

Depuis début mars, l'Iran maintient fermé le détroit d'Ormuz, par où transite une part importante du pétrole mondial. Aux États-Unis, le prix moyen du diesel atteint 6,35 dollars le gallon, contre 3,75 un an plus tôt, selon l'association d'automobilistes AAA. La dette nationale a dépassé les 40 000 milliards de dollars, deux ans plus tôt que prévu, d'après les chiffres rapportés par Al Jazeera.
Sur le plan politique, la cote de popularité de Donald Trump est tombée à 33 %, son plus bas niveau depuis le début de ses deux mandats, selon la même source. La moyenne de RealClearPolling donne 51,4 % aux démocrates contre 43,2 % aux républicains pour le vote national, soit 8,2 points d'avance. Les sondages mesurent des intentions de vote et ne préjugent pas du résultat dans chaque circonscription.
Cinq sénateurs démocrates ont écrit à l'amiral Brad Cooper, chef du CENTCOM, pour exiger de la transparence sur les coûts. Le chef de file démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a écrit sur X que Donald Trump et son ego avaient conduit le pays dans cette guerre « sans plan ». Le président n'a pas commenté le dernier chiffre. Chris Featherstone, de l'université de York, cité par Al Jazeera, estime que l'effet sur le coût de la vie est un facteur majeur et que la guerre heurte la promesse de « pas de nouvelle guerre ».

Ce que cela change pour l'Afrique

La fermeture d'Ormuz et la flambée des carburants touchent les pays importateurs de produits pétroliers, et une dette américaine plus lourde pèse sur les conditions de financement mondiales. Ces effets restent à documenter pays par pays.

Ce qu'il faut surveiller

Le scrutin du 3 novembre dira si la facture de la guerre pèse dans les urnes. Le Congrès devra aussi trancher sur la rallonge de 70 milliards de dollars demandée par l'exécutif. Quant au total définitif, il dépendra de la durée du conflit et de l'ampleur des réparations de bases, que le Pentagone n'a pas encore chiffrées.
Sources : New York Times
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