Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
PolitiqueRussie

Sabotages en Europe : les services de renseignement pointent une campagne russe, Moscou n'a pas répondu dans les textes consultés

Intrusions aériennes, drones, navires coulés, engins incendiaires : des responsables européens attribuent à la Russie une série d'actions hostiles en 2026. Les faits sont rapportés par des responsables et des médias, sans preuve publique dans la plupart des cas, et Moscou n'est cité que par une déclaration de sa porte-parole.

JGJunior Gnapié30 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 2 foisPolitique
Sabotages en Europe, les services de renseignement pointent une campagne russe
📷 Illustration : Sabotages en Europe : les services de renseignement pointent une campagne russe © Abidjan4all
Une série d'incidents survenus en Europe depuis le début de l'année nourrit la crainte d'une escalade avec la Russie. Dans une analyse publiée le 29 octobre, Al Jazeera recense des intrusions aériennes, des attaques de drones, des sabotages d'infrastructures et des projets visant l'industrie de défense. Ces faits sont attribués à Moscou par des responsables européens et ukrainiens. La plupart n'ont pas fait l'objet d'une démonstration publique complète, et le Kremlin n'est cité que par une déclaration de sa porte-parole.

Ce qui est rapporté

Selon des responsables européens, des avions de chasse russes ont pénétré dans l'espace aérien polonais, lituanien et estonien, ce qu'ils interprètent comme un test des délais de réaction. Des drones soupçonnés d'être russes ont été abattus au-dessus de la Pologne, de la Finlande et des pays baltes. En mer Noire, l'Ukraine accuse la Russie d'avoir coulé en octobre quatre cargos, au large des eaux territoriales bulgares, avec des drones aériens et de surface.
À la frontière entre le Bélarus et la Lettonie, la diplomate lettone Ieva Cesniece décrit des hommes masqués, probablement armés, qui poussent des migrants vers la Lettonie, menacent soldats et garde-frontières et endommagent des infrastructures ou retirent du matériel de surveillance.

L'industrie de défense en ligne de mire

En août, un projet visant à faire exploser des avions-cargos à l'aéroport de Leipzig/Halle, en Allemagne, a échoué. Al Jazeera indique que la Commission européenne l'a qualifié d'opération russe. Un autre texte, publié en septembre par IamExpat, décrit plutôt une attaque de drones piégés qui a paralysé l'aéroport début août, et cite le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, qui y voit un schéma typique des opérations hybrides russes. Les deux versions diffèrent sur la nature de l'incident et doivent être précisées auprès des autorités allemandes.
En septembre, le chef du renseignement tchèque, Michal Koudelka, a jugé qu'une attaque russe contre un État de l'OTAN pouvait survenir « dans des mois, pas des années ». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a ensuite déclaré que les industries de défense européennes qui fournissent l'Ukraine constituaient des cibles légitimes. En octobre, des responsables de cinq services européens ont dit au Financial Times que la Russie chercherait à tuer des dirigeants de l'industrie de défense et à viser leurs chaînes d'approvisionnement. Selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, des engins incendiaires ont été placés dans les bureaux de Rohde & Schwarz et de Helsing, à Munich.

Des chiffres allemands

L'Office fédéral de police criminelle (BKA) a recensé 165 cas présumés de sabotage en Allemagne entre janvier et fin août 2026, contre 320 sur toute l'année 2025, selon IamExpat, qui cite Tagesschau. Les cas se concentrent en Basse-Saxe, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Bavière. Le chiffre désigne des cas présumés, pas des opérations dont l'origine russe serait établie. Après l'incident de Leipzig, Berlin a fermé la Maison russe, et Moscou a répliqué en fermant l'institut Goethe de Moscou, rapporte le même texte.

Une riposte en débat

Sur le plan militaire, Al Jazeera indique que deux contre-offensives ukrainiennes auraient stoppé la principale offensive russe vers le Donbass cette année, et que Kiev frappe des installations pétrolières et des usines d'armement en profondeur sur le territoire russe. Le même article rappelle que les États-Unis ont retiré leur soutien militaire et financier à l'Ukraine en janvier 2025.
Les experts cités divergent sur la réponse. Oleksandr Danylyuk, du think tank britannique RUSI, juge que l'absence de réaction encourage Moscou et plaide pour plus de troupes avancées dans les États baltes. Minna Alander, du CEPA, évoque des restrictions de visas, des cyberattaques de représailles, l'interception de la flotte pétrolière russe ou des sanctions contre des fournisseurs chinois. L'Ukrainienne Olena Tregub estime que les coûts imposés à Moscou restent insuffisants. Volodymyr Zelensky, qui s'interroge sur les limites de Vladimir Poutine, demande à l'Europe au moins 70 milliards d'euros supplémentaires pour l'an prochain.

Pourquoi cela concerne les lecteurs africains

L'Europe est un partenaire commercial et financier majeur de l'Afrique de l'Ouest, et les tensions sur sa sécurité pèsent sur l'énergie, les transports et les budgets d'aide. Le même jour, Al Jazeera publiait aussi une analyse sur l'offre économique limitée de la Russie en Afrique. Aucun des textes consultés ne mesure toutefois un effet direct sur la Côte d'Ivoire.

Ce qui reste à établir

Les attributions reposent largement sur des sources anonymes et sur des services de renseignement, qui ne publient pas leurs preuves. Moscou n'a pas, dans les textes consultés, répondu à l'ensemble de ces accusations. Les prochaines enquêtes judiciaires, en Allemagne et en Pologne notamment, diront ce qui peut être démontré devant un tribunal.
Sources : Al Jazeera
RussieEuropesabotageguerre hybrideOTANUkraine
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.