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Faux médicaments, orpaillage : le Conseil national de sécurité muscle son dispositif

Réuni jeudi 17 septembre à Abidjan sous la présidence d'Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité a dressé le bilan d'une opération anti-drogue de dix jours et durci les règles contre l'orpaillage clandestin. Deux dossiers distincts, mais une même urgence affichée par l'exécutif.

APAnge Pascal18 septembre 20263 min de lectureLu 6 foisPolitique
Faux médicaments, orpaillage, le Conseil national de sécurité muscle son dispositif
📷 Illustration : Faux médicaments, orpaillage, le Conseil national de sécurité muscle son dispositif © Science et Avenir
Le Conseil national de sécurité s'est réuni jeudi 17 septembre à Abidjan sous la présidence d'Alassane Ouattara. À l'ordre du jour, deux dossiers qui n'ont en apparence rien en commun, mais que l'exécutif traite désormais avec la même urgence : le trafic de faux médicaments et l'orpaillage clandestin.

Une opération de dix jours, plus de 1 300 hommes mobilisés

Depuis le 7 septembre, une opération baptisée « Épervier Spécial » quadrille Bouaké, Daloa et Korhogo. Le bilan communiqué au Conseil, arrêté au 16 septembre, donne la mesure du phénomène : 183 tonnes de médicaments de qualité inférieure ou falsifiés saisies, 56 fumoirs détruits, 196 personnes interpellées et déférées pour trafic de stupéfiants. Cent quatre-vingts mineurs retrouvés sur ces sites ont été pris en charge par la Cellule de coordination du système de protection de l'enfant. Plus de 3 500 engins à deux roues, souvent utilisés pour la logistique du trafic, ont été immobilisés. L'opération doit se poursuivre jusqu'au 16 novembre.
Le choix de ces trois villes n'est pas anodin. Les autorités y observent depuis plusieurs mois une progression des marchés parallèles de médicaments, alimentés en partie par des filières venues des pays voisins. Cent quatre-vingts mineurs interceptés sur les points de vente en une dizaine de jours à peine : le chiffre donne une idée de l'ampleur d'un phénomène qui touche autant la santé publique que la délinquance juvénile.

Un moratoire de six mois sur l'orpaillage

Sur le second dossier, celui de l'orpaillage clandestin, le Conseil a annoncé un moratoire de six mois sur la délivrance de nouvelles autorisations d'exploitation minière, semi-industrielle comme artisanale. La mesure s'inscrit dans le prolongement direct de l'atelier national tenu les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro, où le Secrétaire exécutif du Conseil, Fidèle Sarassoro, avait dressé un constat sans complaisance : cinq ans de saisies et de démantèlements n'avaient pas empêché les sites clandestins de se recoloniser presque aussi vite qu'on les ferme.
Le Conseil a traduit cette réflexion en mesures concrètes. Vingt et un pelotons de sécurité fluviale seront déployés sur les quatre grands cours d'eau du pays et leurs affluents, là où se concentre l'essentiel des exploitations illégales. Une nouvelle qualification pénale fait aussi son apparition : la participation indirecte et la complicité logistique ou financière deviendront des infractions autonomes, poursuivables en tant que telles et non plus seulement comme circonstances aggravantes. Celui qui finance un chantier clandestin sans jamais y mettre les pieds pourra désormais être poursuivi au même titre que l'exploitant sur le terrain.
Les préfets de région se sont engagés à éradiquer l'orpaillage illégal sur leur territoire dans un délai de six mois, en misant sur le renseignement et une meilleure coordination entre les corps de sécurité. Le Conseil a aussi prévu un volet moins répressif : des programmes de réhabilitation des sites par des travaux à haute intensité de main-d'œuvre, et un accompagnement à la reconversion économique pour les milliers de jeunes qui vivent, directement ou indirectement, de cette activité.
Reste à savoir si ce calendrier resserré tiendra ses promesses. L'atelier de Yamoussoukro avait déjà fixé un objectif similaire de six mois pour installer une présence continue sur le terrain. En reprenant ce délai à son compte et en l'assortissant de moyens précis, le Conseil national de sécurité cherche visiblement à éviter que la même déception ne se reproduise : celle d'un site nettoyé qui redevient, quelques mois plus tard, un chantier clandestin comme un autre.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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