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Guinée : deux anciens ministres d'Alpha Condé autorisés à quitter le pays pour se faire soigner

Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre, et Amadou Damaro Camara, ex-président de l'Assemblée nationale, ont reçu l'autorisation de se rendre à l'étranger pour des raisons médicales. Une décision qui intervient dans un climat toujours tendu autour du sort des figures de l'ancien régime.

JGJunior Gnapié12 septembre 20262 min de lectureLu 3 foisPolitique
Alpha Condé, ancien président de la Guinée, dont deux anciens ministres viennent d'être autorisés à se soigner à l'étranger
📷 Illustration : Alpha Condé, ancien président de la Guinée, dont deux anciens ministres sont autorisés à quitter le pays
L'information a été confirmée vendredi par plusieurs médias guinéens et internationaux : Ibrahima Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara, deux poids lourds du pouvoir déchu d'Alpha Condé, ont obtenu le feu vert des autorités de transition pour quitter le territoire guinéen et se faire soigner à l'étranger. Aucun des communiqués officiels n'a précisé la nature des soins requis, ni la durée de leur séjour hors du pays.
Ibrahima Kassory Fofana avait dirigé le gouvernement guinéen de 2018 à 2021, jusqu'au coup d'État de septembre 2021 qui avait renversé Alpha Condé et porté Mamadi Doumbouya au pouvoir. Amadou Damaro Camara, lui, présidait l'Assemblée nationale sous le même régime. Tous deux figurent parmi les personnalités les plus en vue de l'ancien pouvoir encore présentes, jusqu'ici, sur le sol guinéen.

Une mesure isolée dans un contexte judiciaire tendu

Cette autorisation tranche avec le sort réservé à d'autres figures du régime déchu, dont plusieurs sont toujours poursuivies devant les juridictions guinéennes pour des faits présumés de corruption ou de détournement de fonds publics remontant à la présidence Condé. Elle intervient aussi alors que le pays reste marqué par la disparition, toujours non élucidée, de plusieurs opposants et par une pression continue exercée sur les réseaux de l'ancien pouvoir.
Le précédent existe : en 2023 et 2024 déjà, plusieurs responsables de l'ère Condé avaient obtenu des autorisations similaires, parfois critiquées par des organisations de défense des droits humains qui y voient un traitement à deux vitesses selon la proximité avec le pouvoir en place. Des avocats guinéens rappellent aussi que la loi encadre strictement les sorties du territoire pour les personnes sous contrôle judiciaire, ce qui suppose que Kassory Fofana et Damaro Camara restent, eux, hors de toute procédure qui aurait pu empêcher un tel déplacement. Ni l'un ni l'autre n'a fait de déclaration publique depuis l'annonce de cette autorisation.

Une transition guinéenne toujours sous tension

La junte du général Doumbouya, arrivée au pouvoir il y a bientôt cinq ans, a multiplié ces derniers mois les gestes d'ouverture ponctuels envers certaines figures de l'ancien régime, tout en maintenant une ligne dure vis-à-vis de l'opposition la plus active. Le président guinéen s'est d'ailleurs rendu à Abidjan cette semaine pour une visite d'État axée sur le renforcement des relations bilatérales avec la Côte d'Ivoire, signe d'une diplomatie régionale que Conakry veut visiblement consolider en marge des dossiers intérieurs les plus sensibles.
Reste à savoir si cette autorisation de soins à l'étranger marque un assouplissement plus large envers les anciens cadres du régime Condé, ou s'il s'agit d'une décision isolée, motivée par l'urgence plutôt que par un geste politique calculé. L'évolution des procédures judiciaires en cours contre d'autres proches de l'ancien président permettra, dans les prochaines semaines, d'y voir plus clair.
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