Un dossier, une signature, et une institution qui bascule un peu plus dans le passé. Lundi 7 septembre, au siège de l'ancienne Commission électorale indépendante à Cocody-Les II Plateaux, le secrétaire général sortant a remis ses charges à Lassana Sylla, le liquidateur désigné. La cérémonie s'est tenue sous la supervision de Gilbert Koné Kafana, Haut représentant du président de la République, en présence du ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly.
Ce geste acte la fermeture administrative d'une institution fondée en 2001. Sa dissolution elle-même reste, curieusement, datée différemment selon les récits : RFI évoque le 6 mai 2025, quand l'AIP renvoie à une ordonnance n° 2026-265 du 6 mai 2026, une date que confirme Afriksoir en parlant du «6 mai dernier». Un an d'écart que personne, à ce stade, n'a expliqué.
Ce que l'on sait avec certitude, c'est que l'ex-CEI n'a pas cessé toute activité au moment de sa dissolution. Elle a continué de gérer les affaires courantes le temps que l'État prépare sa fermeture définitive. Cette période s'achève avec la nomination de Lassana Sylla, ancien administrateur général des services financiers et ancien directeur des Affaires financières au ministère de l'Économie, nommé le 1er septembre par arrêté ministériel.
Trois dossiers pour un liquidateur
Devant M. Sylla, Gilbert Koné Kafana a fixé le cap : conduire la liquidation «dans le strict respect du cadre législatif et réglementaire», en vue d'une transition qu'il a qualifiée de rigoureuse. «Cette phase du processus est d'une importance capitale», a-t-il affirmé, avant d'assurer le liquidateur du soutien de l'État.
Le chantier se décompose en trois volets, selon les détails livrés à Afriksoir. Le premier touche aux ressources humaines : la disparition d'une institution de cette taille laisse des agents sans poste, et Lassana Sylla a promis un examen «rigoureux» de la situation de chacun pour déterminer les droits sociaux dus. Le deuxième porte sur le patrimoine : inventorier les biens, vérifier leur localisation, en assurer la sécurisation. Le troisième, financier, consiste à apurer les dettes de l'ex-CEI envers ses fournisseurs tout en recouvrant les créances qui lui sont dues.
À l'échelle nationale, la Commission électorale indépendante disposait de structures locales sur l'ensemble du territoire ivoirien. Autant de sites, de contrats et de dossiers de personnel que le liquidateur devra désormais traiter un par un.
Une succession encore dans le flou
Reste la question que la cérémonie de lundi n'a pas tranchée : qui remplacera la CEI ? Depuis l'annonce de sa dissolution, le gouvernement n'a mis en place aucun nouvel organe électoral. Une première réunion de dialogue a bien eu lieu fin juin entre l'exécutif et les acteurs politiques et de la société civile, sans déboucher, à ce jour, sur une architecture arrêtée.
L'incertitude nourrit l'inquiétude d'une partie de la classe politique. Les partis d'opposition multiplient depuis quelques jours les réunions de travail pour tenter de faire converger leurs propositions sur l'encadrement de cette réforme électorale. La société civile, de son côté, a présenté un «livre blanc» défendant un système électoral transparent.
L'ordonnance de dissolution, quelle qu'en soit la date exacte, avait posé un principe : la liquidation devait déboucher sur la création de «nouveaux organes chargés de la gestion du processus électoral» en Côte d'Ivoire. Ce nouvel édifice reste, pour l'instant, à bâtir.







