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Niger : le général Tiani remanie son état-major, deux semaines après la mutinerie déjouée à Niamey

Le chef de la junte a nommé un nouveau chef d'état-major des armées et redistribué plusieurs postes clés de commandement, sans en communiquer les raisons. Le limogeage du général Barmou intervient un mois après des combats dans la capitale nigérienne.

JGJunior Gnapié12 septembre 20262 min de lectureLu 3 foisPolitique
Soldats de l'armée nigérienne, dont le haut commandement a été remanié le 11 septembre 2026
📷 Illustration : Soldats de l'armée nigérienne, dont le haut commandement a été remanié le 11 septembre 2026
Par décret signé vendredi 11 septembre et lu le soir même à la télévision publique, le général Abdourahamane Tiani a nommé le général de brigade Mamane Sani Kiaou chef d'état-major des Armées du Niger. Il remplace le général Moussa Salaou Barmou, en poste depuis le coup d'État de juillet 2023 qui avait porté les militaires au pouvoir. Aucune explication officielle n'a accompagné ce limogeage.
Le mouvement ne s'arrête pas là. Un second décret installe le général Abdourahmane Abou Zataka à la tête de l'armée de Terre, poste que Mamane Sani Kiaou occupait jusque-là. Le général Ismael K. Sidi Omar K. devient de son côté chef d'état-major adjoint de l'armée de l'Air, et le colonel-major Ibrahim Abderrazak Ben prend les fonctions d'adjoint au chef d'état-major de l'armée de Terre. Un renouvellement en cascade, donc, qui touche l'essentiel de la chaîne de commandement militaire nigérienne.

Une mutinerie encore fraîche dans les mémoires

Ce remaniement survient à peine deux semaines après une mutinerie déjouée dans la nuit du 28 au 29 août, qui avait visé plusieurs lieux sensibles de Niamey : la présidence, l'aéroport international et une base militaire attenante. Selon des sources nigériennes, les combats avaient été maîtrisés grâce à l'appui des instructeurs russes d'Africa Corps, désormais solidement implantés dans le dispositif sécuritaire du pays.
Le nouveau chef d'état-major n'est pas un inconnu. Il a dirigé, dans la région de Tillabéri à l'ouest et dans le Diffa au sud-est, plusieurs opérations contre les groupes jihadistes qui gangrènent la zone des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso. Ses proches le décrivent comme « un homme de terrain aguerri ». Ces derniers jours, il venait justement de boucler une tournée dans les principales garnisons du pays, dans le but affiché de « ramener la cohésion au sein des soldats » — une mission qui prend, rétrospectivement, une tout autre signification.

Paris de nouveau montré du doigt

Sans attendre de preuves rendues publiques, les autorités nigériennes avaient accusé la France d'être derrière la tentative de mutinerie fin août, ce que Paris a démenti sans détour. Ce n'est pas la première fois que la junte pointe la main de l'ancien colonisateur derrière chaque secousse interne : c'est même devenu, ces trois dernières années, une grille de lecture quasi systématique côté Niamey.
Il reste à voir si ce remaniement suffira à consolider un pouvoir dont la mutinerie d'août a montré la fragilité. La Force unifiée de l'Alliance des États du Sahel, censée constituer le bras armé du bloc Mali-Burkina Faso-Niger, n'est pour l'instant pas parvenue à s'imposer sur ce terrain-là : son inaction lors des combats de Niamey a d'ailleurs relancé les interrogations sur sa capacité opérationnelle réelle.
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