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Orpaillage illégal : Katinan Koné entendu par la police après la plainte du RHDP

Le quatrième vice-président du PPA-CI s'est présenté ce mercredi au Service des enquêtes générales d'Abidjan, sur instruction du procureur de la République. En cause : une plainte du parti au pouvoir après une tribune où il accusait le RHDP d'avoir laissé prospérer l'orpaillage clandestin.

APAnge Pascal9 septembre 20262 min de lectureLu 10 foisPolitique
Justin Kone Katina
© Fraternité Matin
Justin Koné Katinan s'est présenté mercredi 9 septembre à 10 heures au Service des enquêtes générales de la préfecture de police d'Abidjan, sur la route d'Abobo. Convocation en main, un document daté du 7 septembre et délivré sur instruction du procureur de la République, le quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) s'est présenté accompagné de son conseil, comme l'exige l'article 90 nouveau du code de procédure pénale.
Tout est parti d'une tribune. Le 3 septembre, au siège du PPA-CI à Cocody, l'ancien ministre du Budget sous Laurent Gbagbo avait accusé le pouvoir d'avoir laissé se développer un système d'orpaillage clandestin, de trafic de drogue et de blanchiment d'argent. « L'orpaillage illégal (…) est né de la rébellion, conduite par la branche armée du RDR », avait-il lancé, avant d'ajouter : « Tant que l'orpaillage rapporte plus en un jour que l'école en dix ans, la répression échouera. »

Une plainte en trois volets

Le RHDP n'a pas laissé passer l'accusation. Le 7 septembre, son secrétaire exécutif, Ibrahima Cissé Bacongo, par ailleurs ministre-gouverneur du district autonome d'Abidjan, a saisi le parquet du tribunal de première instance d'Abidjan. La plainte vise Justin Koné Katinan et le PPA-CI pour diffamation, injures et diffusion de fausses nouvelles. Le parti au pouvoir y qualifie les propos du responsable du PPA-CI d'« affirmations gratuites » et rejette l'image d'un « creuset de délinquants ».
Le PPA-CI, de son côté, ne nie pas les opérations de répression menées depuis 2021. Plus de 8 500 sites démantelés, 4 474 personnes déférées, selon les chiffres qu'il cite lui-même. Mais il estime qu'elles ne s'attaquent qu'aux « feuilles » d'un système qu'il attribue à la « méthode de conquête du pouvoir » du RDR, devenu depuis le RHDP.

Une audition à double lecture

Le choix du format n'est pas neutre. Exiger la présence d'un conseil aux côtés du convoqué, en vertu de l'article 90 du code de procédure pénale, place l'audition sur un terrain plus contraignant qu'une simple prise de témoignage. Au moment de la publication des derniers comptes rendus disponibles, l'audition se poursuivait encore et ni le parquet ni le PPA-CI n'avaient communiqué sur son déroulement.
L'épisode intervient alors que l'orpaillage clandestin s'est imposé, ces dernières semaines, comme l'un des sujets les plus disputés du débat ivoirien. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait lui-même appelé, en amont de la tribune du PPA-CI, à une « responsabilité collective » face à l'ampleur du phénomène. Une formule que le parti de Laurent Gbagbo a retournée contre le pouvoir. Le PPA-CI affirme aujourd'hui que l'orpaillage illégal touche 29 des 31 régions du pays.
Une controverse née dans l'arène politique se retrouve désormais entre les mains des enquêteurs. Avec, en toile de fond, une question qui dépasse le seul sort de Justin Koné Katinan : celle de la responsabilité, politique autant que judiciaire, dans la persistance d'un trafic qui prive chaque année l'État ivoirien de plusieurs milliards de francs CFA.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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