Trois cent soixante-six personnes venues de Goma, Bukavu et Kamanyola : c'est le dernier contingent de réfugiés rwandais à avoir quitté la République démocratique du Congo pour rentrer chez eux, selon un bilan communiqué par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et rapporté par RFI. Sur ce total, 304 ont été rapatriés depuis Goma, 32 depuis Bukavu et 30 depuis Kamanyola. Ce mouvement porte à 3 752 le nombre de réfugiés rwandais rentrés au Rwanda depuis le début de l'année 2026.
Un objectif encore loin d'être atteint
La RDC, le Rwanda et le HCR se sont fixé un objectif commun : atteindre 10 000 retours sur l'ensemble de l'année 2026. Le chemin parcouru reste limité au regard du nombre de réfugiés encore présents en RDC : environ 194 500 réfugiés et demandeurs d'asile rwandais y sont recensés, dont 99 % vivent dans l'est du pays, selon les chiffres des Nations unies cités par RFI. Rapportés à ce total, les 3 752 retours comptabilisés depuis janvier représentent donc, à ce stade, moins de 2 % des réfugiés rwandais présents en RDC, loin de l'objectif fixé pour l'année.
Ces retours de civils sont à distinguer d'une autre opération, plus sensible : le transfert, le 8 septembre, de 120 personnes avec l'appui de la mission de l'ONU en RDC (Monusco), 51 anciens combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et 69 membres de leurs familles, conduits au centre de démobilisation de Mutobo, au Rwanda.
Des retours contestés
Le HCR présente ces rapatriements comme « volontaires, sûrs et dignes ». Mais des mouvements proches des réfugiés, sans qu'ils soient identifiés plus précisément par RFI, demandent une vérification indépendante des conditions dans lesquelles certains d'entre eux, originaires des territoires contrôlés par l'alliance rebelle AFC/M23, ont été identifiés et regroupés avant leur départ.
Cette réserve, qui ne figure que dans l'article de RFI parmi les sources consultées pour ce texte, mérite d'être suivie sans qu'on puisse, à ce stade, en confirmer la portée exacte.
Le dossier des combattants FDLR
Au-delà des retours civils, Kinshasa affirme être entrée dans la phase de mise en œuvre d'un protocole conclu avec les FDLR pour le désarmement de leurs combattants. Les prochaines étapes prévues comprennent l'installation de sites de transit et de cantonnement, puis l'identification des combattants et de leurs familles. Une fois désarmés, ceux-ci pourraient être rapatriés au Rwanda ou relocalisés dans un pays tiers. Le nombre total de combattants concernés et leur localisation précise n'ayant pas encore été rendus publics, précise RFI.
Ce dossier traverse une relation encore tendue entre Kinshasa et Kigali, où les questions de réfugiés, de groupes armés et de sécurité régionale restent étroitement imbriquées. La prochaine étape annoncée est double : poursuivre les retours volontaires des réfugiés civils, et rendre opérationnel le protocole de désarmement conclu avec les FDLR. Ni la RDC ni le Rwanda n'ont pour l'instant communiqué de calendrier détaillé pour l'ouverture des sites de transit et de cantonnement que Kinshasa dit vouloir mettre en place dans ce cadre, précise RFI.







