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Ukraine : l'ONU redoute « l'hiver le plus dur » depuis le début de l'invasion russe

Un haut responsable des Nations unies met en garde contre un risque de « catastrophe humanitaire » si les infrastructures énergétiques ukrainiennes, prises pour cible de façon systématique par la Russie, ne tiennent pas jusqu'au printemps. Un avertissement qui tombe alors que les frappes s'intensifient des deux côtés du front.

JGJunior Gnapié13 septembre 20263 min de lectureLu 3 foisPolitique
Une rue de Kiev en hiver ; l'ONU redoute la saison la plus dure depuis le début de l'invasion russe
📷 Illustration : l'ONU redoute la saison la plus dure depuis le début de l'invasion russe.
Alexander De Croo ne mâche pas ses mots. L'ancien Premier ministre belge, aujourd'hui à la tête du Programme des Nations unies pour le développement, a averti la BBC depuis Kiev que l'Ukraine s'apprête à vivre « l'hiver le plus dur » depuis le début de l'invasion russe, en février 2022. « Nous sommes très, très inquiets de ce que cet hiver pourrait devenir », a-t-il résumé, pointant une « course contre la montre » pour réparer le réseau électrique avant l'arrivée du grand froid.
Selon lui, l'Ukraine aborde cette saison « à partir d'une base très affaiblie », conséquence directe d'attaques russes qu'il qualifie de « très systématiques » contre les infrastructures civiles et énergétiques : stations-service, centres commerciaux, lignes de transport d'électricité. « Il n'y a absolument aucune justification à cela », a-t-il insisté, avant de décrire le scénario redouté par les Nations unies si les coupures de courant et d'eau devaient se généraliser : « des circonstances qui seraient vraiment proches d'une catastrophe humanitaire ».

Des frappes qui s'intensifient des deux côtés

Le constat de l'ONU intervient alors que la guerre connaît un net regain d'intensité aérienne ces dernières semaines. La Russie a commencé à déployer des drones à propulsion par réacteur, plus rapides et plus difficiles à intercepter que les modèles précédents, pour des frappes quasi quotidiennes sur Kiev et d'autres grandes villes. Jeudi, une attaque de drone en plein jour sur un centre commercial de Pavlohrad, dans la région de Dnipropetrovsk, a fait cinq morts et 67 blessés selon les autorités ukrainiennes ; des frappes similaires avaient déjà visé des centres commerciaux à Zaporijjia et à Soumy plus tôt dans la semaine, faisant deux morts et 28 blessés.
L'Ukraine, de son côté, poursuit ses propres frappes en profondeur sur le territoire russe, ciblant principalement des installations gazières, pétrolières et de distribution. Moscou a ainsi rapporté, dans la nuit de mercredi à jeudi, une attaque de drones maritimes ukrainiens contre la station balnéaire de Sotchi, faisant 28 blessés, et revendique trois morts supplémentaires imputés à des frappes ukrainiennes cette semaine. Dans la nuit de vendredi à samedi, Kiev a mené de nouvelles frappes contre plusieurs objectifs militaires russes situés dans les territoires ukrainiens occupés.

Des enjeux qui dépassent le seul terrain militaire

Ce regain de violence intervient alors que les tentatives de médiation américaines peinent à produire des résultats tangibles : des émissaires de Donald Trump s'étaient pourtant rendus à Moscou et à Kiev le week-end dernier, sans qu'aucune désescalade ne s'ensuive sur le terrain. Deux personnes ont par ailleurs été tuées cette semaine par des frappes russes visant un poste-frontière entre l'Ukraine et la Moldavie, signe que le conflit continue de déborder, ponctuellement, sur les pays voisins.
Le Programme des Nations unies pour le développement s'efforce, de son côté, de reconstruire une partie du réseau électrique endommagé l'hiver dernier et d'installer des centrales plus petites et décentralisées, donc moins vulnérables aux frappes. Une tâche qu'Alexander De Croo qualifie lui-même de « quasiment impossible » tant les équipes travaillent sous alerte aérienne permanente, sur des sites eux-mêmes redevenus des cibles.
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