Abidjan a accueilli, du 11 au 13 septembre, la 4e édition des Journées africaines de cardiologie interventionnelle (JAFCI), placées sous le thème « Innovation en cardiologie interventionnelle en Afrique ». Quinze pays étaient représentés à la cérémonie d'ouverture, où Tapé Aubin représentait le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale, aux côtés de la Dr Coulibaly Soty, représentante du ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle.
Pendant trois jours, cardiologues, cardiopédiatres et rythmologues venus du continent ont comparé leurs pratiques autour de gestes qui permettent, par exemple, de déboucher une artère coronaire ou de poser un stimulateur cardiaque sans ouvrir la poitrine du patient. Une discipline en plein essor sur le continent, mais dont le coût, souvent plusieurs centaines de milliers de francs CFA par acte, la réserve encore à une minorité de malades.
Un premier pas dans le panier de soins
C'est précisément ce point qu'a soulevé le Pr Roland N'Guetta, président du Groupe de recherche et d'action contre les maladies cardiovasculaires (GRAM), à l'ouverture des travaux. Il ne réclame pas une prise en charge totale et immédiate, mais un dispositif pilote, assorti d'indications médicales précises et de tarifs revus à la baisse.
« « Il faut avancer par étapes : des indications médicales claires, des tarifs compatibles avec les moyens de la CMU, et on élargit progressivement », a plaidé le Pr N'Guetta devant l'assistance. »
L'hypertension artérielle figure déjà dans le panier de soins de la CMU. Les actes de cardiologie interventionnelle proprement dits, eux, angioplastie, pose de stent ou ablation par cathéter, en restent exclus. Une situation d'autant plus sensible qu'en Côte d'Ivoire, l'hypertension touche 46 % des personnes de plus de 25 ans, selon les chiffres avancés cette semaine par l'hôpital général de Yopougon Attié, principal facteur de risque des accidents cardiovasculaires.
Des consultations gratuites en marge du congrès
En marge du congrès, les organisateurs ont voulu joindre le geste à la parole. Ce samedi 12 septembre, l'hôpital général de Yopougon Attié, l'ex-PMI, ouvre ses portes pour une journée de consultations cardiologiques gratuites : électrocardiogrammes, échographies cardiaques et dépistage sont proposés sans frais aux habitants du quartier. L'initiative, portée par le GRAM en lien avec la direction de l'hôpital, représentée par le Dr Akpesse Esso Guillaume, vise à « favoriser un accès plus large au dépistage des affections cardiovasculaires ».
Le message est le même qu'à la tribune du congrès. La maladie cardiovasculaire, première cause de mortalité dans le monde, ne se combat pas seulement dans les salles de cathétérisme des grands hôpitaux, mais aussi par un dépistage précoce et accessible au plus grand nombre. Reste à savoir si l'appel lancé cette semaine à Abidjan trouvera une traduction budgétaire du côté du ministère de la Santé, qui n'a pour l'instant donné aucun calendrier pour une éventuelle extension du panier de soins de la CMU aux actes de cardiologie interventionnelle.
Cette 4e édition confirme en tout cas la montée en puissance d'Abidjan comme place régionale de la cardiologie interventionnelle, un secteur où la Côte d'Ivoire cherche à se positionner comme référence pour l'Afrique de l'Ouest francophone, aux côtés de centres plus anciens comme Dakar ou Casablanca.







