Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
Tech & NumériqueSommet international de l'espace à Paris

Ambitions spatiales : la Côte d'Ivoire veut rejoindre le cercle des nations africaines dotées de satellites

Représentée à Paris par le ministre d'État Téné Birahima Ouattara, la Côte d'Ivoire a affiché ce vendredi ses ambitions de devenir le 18e pays africain à disposer de capacités satellitaires propres. Une agence spatiale nationale est en gestation à Yamoussoukro, avec deux nanosatellites déjà en fabrication.

APAnge Pascal11 septembre 20263 min de lectureTech & Numérique
Un lanceur spatial Ariane sur son pas de tir, illustration des ambitions spatiales africaines
📷 Illustration : Un lanceur spatial sur son pas de tir
C'est un dossier qui avance discrètement depuis plusieurs mois, mais qui a pris, ce vendredi, une dimension résolument internationale. À l'occasion d'un sommet mondial consacré à l'espace organisé à Paris, la Côte d'Ivoire a choisi de dévoiler au grand jour ses ambitions dans un secteur encore réservé à une poignée de pays africains.
Le ministre d'État Téné Birahima Ouattara, qui représentait le chef de l'État Alassane Ouattara à cette rencontre, a présenté ce que la presse ivoirienne qualifie déjà de « trois axes » d'un partenariat stratégique noué avec la France dans ce domaine. Une intervention largement reprise ce vendredi dans les colonnes du Jour Plus, de L'Expression, du Patriote et de L'Avenir, qui font tous du dossier spatial l'un des titres forts de leur édition.

Le 18e pays africain doté de satellites

Sur le terrain, à Abidjan, le gouvernement avait déjà donné le ton en avril dernier. Lors du lancement officiel de l'Africa Space Expo (Aspex 2026) au Sofitel Hôtel Ivoire, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, avait fixé le cap sans détour : faire de la Côte d'Ivoire le 18e État africain à se doter de capacités satellitaires, aux côtés du Nigeria, du Ghana ou encore du Sénégal, qui ont ouvert la voie sur le continent ces dernières années.
Cette exposition panafricaine, qui doit réunir décideurs publics, chercheurs et investisseurs à Abidjan du 24 au 26 septembre, sert désormais de vitrine à un projet plus vaste porté conjointement par le ministère de l'Enseignement supérieur et celui de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, dirigé par Djibril Ouattara.

Une agence spatiale en gestation à Yamoussoukro

Concrètement, la création d'une agence spatiale ivoirienne est déjà engagée. Son siège provisoire doit être installé à Yamoussoukro, sur le site de l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), un choix qui ancre le projet dans l'écosystème universitaire et technique le plus avancé du pays en matière d'ingénierie. Le bâtiment est en cours de réhabilitation ; la nomination d'un directeur général et l'arbitrage du budget initial de la future agence sont annoncés pour les prochains mois.
Sur le plan technique, deux nanosatellites destinés à une orbite basse sont d'ores et déjà en fabrication. Leur vocation n'est pas symbolique : selon les autorités, ils doivent servir des applications concrètes pour l'agriculture de précision, la météorologie et la gestion des ressources naturelles — trois secteurs où l'accès à des données satellitaires fiables reste, aujourd'hui encore, largement tributaire de fournisseurs étrangers pour la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest.

Un pari à la mesure des ambitions numériques du pays

Cette annonce parisienne s'inscrit dans la continuité d'un mouvement plus large. Depuis le début de l'année, Abidjan multiplie les partenariats technologiques — avec Mistral AI sur l'intelligence artificielle, avec des écoles d'ingénieurs françaises sur la formation — dans l'idée assumée de faire du pays un pôle régional du numérique et des sciences appliquées.
Reste que la marche est haute. Concevoir, financer et faire voler un satellite suppose des compétences, des infrastructures au sol et des financements que peu de pays africains sont parvenus à réunir dans la durée. Le choix ivoirien de miser d'abord sur des nanosatellites à usage utilitaire, plutôt que sur un programme spatial de prestige, traduit une approche pragmatique — et sans doute plus réaliste — de ce nouveau chantier.
Le rendez-vous de l'Aspex 2026, à la fin du mois à Abidjan, permettra de mesurer si ces annonces parisiennes se traduisent, sur le terrain, par des engagements financiers et des partenariats concrets.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Tech & Numérique
espacesatelliteCôte d'IvoireinnovationTéné Birahima OuattaratechnologieAspex 2026
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.