Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
Tech & NumériqueAfrique

Djibouti devient le 8e pays africain à rejoindre les accords Artemis, le programme spatial porté par Washington

Djibouti a signé les accords Artemis, devenant le 72e pays au monde et le huitième du continent africain à adhérer à ce cadre de coopération spatiale porté par les États-Unis. Washington et la NASA ont salué une adhésion qui s'appuie sur les satellites déjà en orbite du petit pays de la Corne de l'Afrique.

JGJunior Gnapié16 septembre 20263 min de lectureLu 6 foisTech & Numérique
Vue aérienne de Djibouti-ville
📷 Illustration : Vue aérienne de Djibouti-ville
Ce n'est pas la puissance spatiale qu'on attend en premier lorsqu'on pense à la Corne de l'Afrique, et pourtant Djibouti vient de rejoindre un club très convoité. Le pays, à peine plus grand que la région parisienne mais stratégiquement posé sur le détroit de Bab-el-Mandeb, est devenu cette semaine le 72e signataire des accords Artemis, le cadre de coopération spatiale porté par les États-Unis depuis 2020 pour encadrer l'exploration pacifique de la Lune, de Mars et au-delà.
Le département d'État américain a salué la signature dans un communiqué officiel, tout comme la NASA, qui a publié un message de bienvenue à ce nouveau partenaire. Sur le continent africain, Djibouti devient le huitième pays à s'engager dans ce cadre, aux côtés notamment du Rwanda, du Nigeria et de l'Angola, signataires des premières heures. Une progression continue depuis 2020, portée par l'appétit croissant de plusieurs gouvernements africains pour les technologies satellitaires, qu'il s'agisse d'observation de la Terre, de télécommunications ou de météorologie.

Des satellites déjà en orbite

Ce qui distingue l'adhésion djiboutienne, c'est qu'elle n'arrive pas les mains vides. Selon les précisions données par plusieurs publications spécialisées, Djibouti dispose déjà de satellites en orbite, fruit d'une collaboration antérieure engagée avec des partenaires internationaux pour renforcer ses capacités de surveillance maritime et de gestion des ressources. Un enjeu vital pour un pays dont l'essentiel du modèle économique repose sur les ports et la logistique régionale, à commencer par le trafic international qui transite par son détroit.
Les accords Artemis n'ont, en eux-mêmes, rien d'un contrat contraignant. Il s'agit d'une déclaration de principes, dans laquelle les signataires s'engagent à des standards communs de transparence, d'interopérabilité et d'assistance mutuelle dans l'exploration spatiale, en particulier pour l'exploitation future des ressources lunaires. Les critiques, russes et chinoises en tête, y voient depuis l'origine un instrument diplomatique américain visant à fixer les règles du jeu spatial avant même que la coopération internationale ne se structure autrement, par exemple via les Nations unies.

Une tendance africaine à suivre

L'adhésion de Djibouti s'inscrit dans un mouvement plus large sur le continent, où plusieurs pays misent désormais sur le spatial comme vecteur de souveraineté technologique plutôt que comme simple vitrine diplomatique. La Côte d'Ivoire elle-même a affiché, ce mois-ci encore, son ambition de devenir le dix-huitième pays africain doté de capacités satellitaires propres, avec une agence nationale en gestation à Yamoussoukro et deux nanosatellites déjà en fabrication.
Reste à savoir combien de ces annonces déboucheront sur des capacités opérationnelles réelles, et combien resteront des signatures protocolaires sans suite industrielle immédiate. Pour l'instant, Djibouti fait partie des rares pays du continent qui peuvent, chiffres à l'appui, dire qu'ils ont déjà quelque chose en orbite, avant même d'avoir signé le moindre texte international sur le sujet.
Le petit pays de la Corne de l'Afrique, souvent réduit dans les commentaires internationaux à son rôle de base militaire multinationale, joue ici une carte différente : celle de la diversification technologique. Abriter des bases américaines, françaises, japonaises et chinoises sur un territoire aussi exigu impose depuis longtemps à Djibouti un exercice d'équilibriste diplomatique. Signer les accords Artemis, portés par Washington, sans rompre pour autant ses partenariats économiques avec Pékin, illustre la même logique de non-alignement pragmatique que le pays cultive depuis son indépendance.
JGJunior Gnapié — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Tech & Numérique
DjiboutiespaceArtemisNASAAfrique
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.