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STAM 2026 : Abidjan mise sur la fabrication locale de smartphones pour bâtir sa souveraineté numérique

Abidjan — Et si le prochain smartphone dans la poche d'un Abidjanais était assemblé, voire conçu, non loin de chez lui ? C'est le pari, ambitieux, que porte la troisième édition du Salon des Téléphones et Applications Mobiles (STAM), ouverte le 17 juillet au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, sous le thème « L'Afrique, un laboratoire d'innovation : enjeux et perspectives ».

JGJunior Gnapié23 juillet 20263 min de lectureTech & Numérique
Le Salon des Téléphones et Applications Mobiles d'Abidjan
📷 Illustration : Le Salon des Téléphones et Applications Mobiles d'Abidjan © Startup Médias

Porté par la structure WaliCreative et placé sous le haut patronage du ministère de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, dirigé par Djibril Ouattara, l'événement s'est imposé, en deux jours, comme l'un des rendez-vous technologiques les plus courus du calendrier ivoirien de l'année, avec plusieurs milliers de participants annoncés, des dizaines d'exposants et une quinzaine de pays représentés, selon les organisateurs.

De la consommation à la production

Le commissaire général du STAM, Kodioro Fofana, a résumé l'ambition de cette édition dès son ouverture : faire basculer le continent du statut de simple consommateur de technologies à celui de producteur. Un discours qui a trouvé un écho particulier auprès de plusieurs intervenants venus témoigner d'expériences déjà concrètes ailleurs sur le continent. C'est le cas de l'entrepreneure guinéenne Fatima Diawara, dont l'entreprise Kunfabo fabrique déjà des smartphones en Guinée, et qui a insisté sur la viabilité économique de ces initiatives de fabrication locale, au-delà de leur seule dimension symbolique. D'autres exemples cités lors des panels illustrent cette dynamique naissante : une usine d'assemblage d'électronique inaugurée au Burkina Faso en partenariat avec un industriel chinois, ou encore le groupe Mara Phones, qui fabrique depuis 2019 des composants électroniques au Rwanda. En Côte d'Ivoire même, le salon a mis en avant le prototype ivoirien de « superphone » baptisé « Open », conçu pour intégrer plusieurs langues locales — une illustration, selon ses concepteurs, du potentiel d'innovation endogène du pays.

Des obstacles encore nombreux

Les échanges qui ont rythmé les deux journées du salon n'ont pas éludé les difficultés structurelles qui freinent, aujourd'hui encore, l'émergence d'une véritable industrie électronique africaine : dépendance persistante aux composants et infrastructures importés, pénurie de compétences techniques spécialisées, cadres réglementaires encore fragmentés d'un pays à l'autre, et coût élevé des investissements industriels nécessaires à l'installation de chaînes de production locales. Les panels stratégiques organisés en marge du salon ont ainsi porté sur des sujets très concrets : les mécanismes de financement adaptés à ce type de projets industriels, le déploiement des infrastructures numériques (fibre optique, réseaux 5G) indispensables à leur fonctionnement, ou encore les partenariats public-privé susceptibles d'accélérer la structuration de la filière.

Un test pour l'écosystème numérique ivoirien

Au-delà de l'effet vitrine, le STAM 2026 s'inscrit dans une dynamique plus large de structuration du numérique ivoirien, portée notamment par plusieurs initiatives lancées ces derniers mois : partenariat entre MTN Côte d'Ivoire et ALX pour la formation de 100 000 jeunes aux métiers du numérique, lancement du Yango Innovation Day, ou encore obtention par la fintech locale Paymetrust de la certification internationale PCI DSS SAQ D pour la sécurité des paiements digitaux. Reste à transformer l'enthousiasme affiché lors de ce type d'événements en investissements industriels effectifs. Les organisateurs du STAM misent sur les rencontres B2B organisées en marge du salon pour amorcer des partenariats concrets entre startups locales, industriels internationaux et institutions publiques — le véritable test de cette ambition de souveraineté technologique se jouera dans les mois, voire les années, à venir, sur le terrain de l'investissement productif plus que sur celui des discours.

JGJunior Gnapié — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Tech & Numérique
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